Cartes SIM : L’identification contournée

Alors que la règlementation prévoit trois SIM par utilisateurs pour chaque opérateur, les scammers réussissent à en avoir plus.


Lorine Claudia Agnang



D’après les textes qui régissent les questions d’identification au Cameroun,  «  toute carte SIM qui effectue du trafic dans le réseau d’un opérateur doit être identifié. L’identification se fait au moment de la souscription de la carte SIM c’est-à-dire lors de son acquisition. Outre la fourniture des pièces d’identité de l’abonné, l’identification ne peut se faire sans la présence physique de l’abonné. Aussi, conformément à la réglementation en vigueur, un individu ne peut détenir plus de trois SIM par opérateur sauf dérogation expresse du régulateur », explique un responsable exerçant dans une compagnie de téléphonie mobile au Cameroun. Sauf que  «ce qu’il se passe très souvent est que des individus font identifier des SIMS à leurs noms qu’ils revendent au marché noir et celles-ci se retrouvent très souvent impliquées dans des activités qui ne sont pas orthodoxes », ajoute-t-il. Autant magouilles qui entretiennent ainsi le circuit de l’arnaque au sein de la population.

Au coeur du phénomène du scamming dans les prisons


Afin de protéger et réduire l’arnaque au sein de la population,  les opérateurs de téléphonie mobile mettent sur pied des méthodes de sensibilisation.  « MTN Cameroon envoie régulièrement des messages éducatifs sur la détection des fraudes (sous la forme de courtes phrases) aux clients afin de les sensibiliser aux systèmes de fraude existants. Aussi des messages de sensibilisation sont diffusés sur nos différents canaux de communication et dans les médias traditionnels tels que la télévision et la radio. Nous avons mis en place une solution en ligne utilisant la technologie de l’apprentissage automatique pour détecter les numéros utilisés par les fraudeurs pour envoyer de faux SMS aux victimes potentielles et bloquer ces numéros automatiquement. Cette solution s’avère très efficace puisqu’elle a permis de réduire les cas signalés de faux SMS envoyés aux clients », explique le responsable de la conformité de l’opérateur sud-africain.


« En ce qui concerne les cas d’escrocs qui initient des retraits sur les comptes des utilisateurs finaux et les manipulent pour les approuver, MTNC a maintenant déployé un nouveau parcours de retrait qui exige qu’un retrait soit initié par le client. Cela réduira considérablement le nombre de clients victimes d’une transaction de retrait qu’ils ont inconsciemment approuvée alors qu’ils ne l’avaient pas demandée » ajoute-t-il.