Camille Nkoa Afana : « Les produits forestiers non-ligneux sont importants pour le développement des communautés »

Le responsable de Noé au Cameroun parle de l’intérêt du Forum d’échange sur les produits forestiers non-ligneux, organisé à Yaoundé les 25 et 26 avril derniers.


Par Guy Martial Tchinda


Noé a organisé les 25 et 26 avril derniers un Forum d’échange sur les produits forestiers non-ligneux. Quelle est l’importance d’une telle rencontre ?

La question de produits forestiers non-ligneux est une question majeure au Cameroun dans son ensemble, et encore plus lorsque la transformation du processus a un impact sur les communautés vivant autour et à l’intérieur des aires protégées. Donc ce forum a toute sa valeur. Ces produits représentent une valeur pour le développement des communautés parce que la chaîne de valeurs dans sa totalité est organisée d’une certaine façon. On a des collecteurs, des transformateurs et des vendeurs. Le rôle que jouent les communautés dans la chaîne de valeurs est primordial, parce que c’est au niveau des communautés que la première transformation se fait et si elle est ratée, on aura un mauvais résultat au bout de la chaîne. Pourtant, si la première transformation réussie, les produits sont achetés à de bons prix auprès des communautés

Comment évaluez-vous l’état actuel  de la chaîne de valeurs des produits forestiers non-ligneux au Cameroun ?

On n’a pas encore atteint le niveau souhaité, parce que, la chaîne de valeurs regroupe la collecte, la transformation et les débouchés. Au niveau de la collecte, nous avons encore des déficits énormes parce que ces produits sont généralement retrouvés dans des zones enclavées, donc l’accessibilité pose problème.  L’organisation même des communautés pose problème et il y a  la disponibilité de la ressource, certaines se trouvant à des dizaines de kilomètres.  Au niveau de la transformation, il y a encore plein d’aspects qu’il va falloir améliorer, notamment les tests, les normes et la commercialisation.

Quel lien faîtes-vous entre la valorisation des chaînes de valeurs des produits forestiers non-ligneux et la gestion durable des forêts ?

Le lien est direct. L’intérêt de tout ce que nous faisons c’est de montrer qu’il est possible pour une communauté de protéger la biodiversité en même temps qu’elle en tire profit. L’idée du Projet BioNat (produits Bio et Naturels du Cameroun) par exemple était de mettre l’économie au service de la conservation et de la préservation des forêts. On protège mieux un arbre lorsqu’on en tire un certain profit. Quand on a commencé le projet au Nord du Cameroun par exemple, on a développé la filière miel et un jour un bénéficiaire m’a confié que  grâce au miel, aujourd’hui, il peux se faire de l’argent en même temps qu’il en consomme.

Parlez-nous de Noé et de son apport dans la gestion durable des forêts.

Noé est une Organisation non gouvernementale française créée en 2001 et basée à Paris. Elle a pour mission la préservation de la biodiversité en France et à l’international et Noe axe ses projets, ses programmes de conservation, de préservation sur trois missions importantes à l’international. Nous avons la protection de certaines espèces phares, la restauration des espaces dégradés, le développement des filières pro-biodiversité.