Le pays de Paul Biya est également invité d’honneur au prochain Salon international de l’artisanat d’Alger, prévue en novembre prochain.
Par Jean De Dieu Bidias
Le secrétaire général du ministère du Tourisme et de l’Artisanat de l’Algérie, Bahabou Abderzak, chef de la délégation algérienne présente au Siarc 2026, plastronnait presque, en prenant la parole hier à l’esplanade du Musée national du Cameroun, à l’ouverture de la journée « Algérie » du salon en cours. « La participation de l’Algérie au Siarc 2026, en qualité de pays invité d’honneur, constitue une illustration éloquente de la dynamique positive qui caractérise les relations d’amitié, de fraternité et de coopération entre l’Algérie et le Cameroun. Elle témoigne de notre volonté commune de promouvoir les échanges d’expériences entre nos artisans, tout en favorisant une meilleure connaissance réciproque de nos savoir-faire et de nos potentialités respectives ». Animée par cette même ambition, a-t-il ajouté, « l’Algérie est résolument disposée à capitaliser sur les acquis de cette participation afin d’insuffler une nouvelle dynamique à la coopération bilatérale dans le domaine de l’artisanat ». En clair, le pays n’est pas que venu se vendre, il a aussi à apprendre du Cameroun.
Dans la foulée, il a annoncé que son pays a le plaisir d’inviter le Cameroun en tant que pays d’honneur de la prochaine édition du Salon international de l’artisanat d’Alger, prévue en novembre prochain. Si ceci relève trivialement du principe de la réciprocité en diplomatie, il faut tout de même saluer le changement d’échelle dans la coopération entre les deux pays. « Cette initiative constituera une nouvelle étape dans le renforcement de nos échanges et offrira une vitrine privilégiée au riche patrimoine artisanal camerounais », a ajouté Bahabou Abderzak. Qui a poursuivi en annonçant qu’à cette occasion, le gouvernement algérien offrira également des bourses de formation au profit d’artisans camerounais, « afin de favoriser le perfectionnement des compétences, le partage des savoir-faire et l’émergence de partenariats durables entre les acteurs de l’artisanat de nos deux pays ». Plus précisément, c’est une vingtaine de bourses de formation qui vont être délivrées par le gouvernement algérien au profit d’artisans camerounais, a précisé l’ambassadeur d’ Algérie au Cameroun, Abdallah Boukemmache.
Le chef de la délégation algérienne s’est par la suite dit convaincu que « ces initiatives contribueront à hisser notre coopération à un niveau encore plus ambitieux, au bénéfice de nos artisans, qui ont déployé tous leurs efforts pour mettre en valeur l’artisanat algérien et démontrer l’excellence de leur savoir-faire ». Il félicite ses compatriotes d’avoir su mettre en exergue la beauté, la diversité et la singularité du patrimoine touristique, culturel, artistique et artisanal de leur pays, l’Algérie. « Cette journée de l’Algérie est également une invitation ouverte aux opérateurs touristiques, aux investisseurs et aux acteurs du secteur à explorer les trésors cachés de notre pays et à découvrir les multiples facettes du tourisme et de l’artisanat algériens », a-t-il poursuivi.
Pour mémoire, l’Algérie, qui est le plus gros acheteur de café arabica du Cameroun, est engagée depuis plusieurs années dans un processus de renforcement de sa coopération avec les pays d’Afrique subsaharienne. Elle a beaucoup investi dans un certain nombre de projets intégrateurs, à l’instar la route transsaharienne (4 800 km) qui relie Alger à Lagos en traversant la Tunisie, le Mali, le Niger, le Tchad et le Nigeria. Elle a également son empreinte sur le Gazoduc transsaharien (TSGP), long d’environ 4 128 km, également en construction, qui à terme va acheminer jusqu’à 30 milliards de m³ de gaz par an du Nigeria vers l’Europe via son territoire. Il y a également le projet de backbone africain à fibre optique, qui vise à interconnecter les pays sahéliens et ouest-africains pour renforcer les télécommunications et l’économie numérique, qui connaît une forte implication de l’ Algérie.



