Concomitamment à l’action judiciaire contre les donneurs d’ordre tapis en Occident, Me Emmanuel Nsahlai annonce la création d’un centre d’assistance aux victimes.
Par Cyril Essissima
Visages voilés par la tristesse, regards vides, immobiles comme si le temps avait suspendu son envol dans leurs vies… Ils étaient une dizaine de victimes de la crise séparatiste dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO) à avoir accepté de partager leurs malheurs, leurs peurs et leur quotidien, jeudi 22 février à Yaoundé. Ces femmes et hommes traumatisés et dont certains sont défigurés, estropiés par des actes terroristes, se sont réunis autour par Me Emmanuel Nsahlai qui donnait une conférence de presse pour expliquer son combat judiciaire contre les donneurs d’ordre disséminés en Occident.
L’avocat est très affecté par l’attaque du 11 février 2024 à Nkambe (Nord-Ouest) où l’explosion d’une bombe a fait de nombreuses victimes parmi les élèves qui célébraient la 58e édition de la Fête nationale de la Jeunesse. A ces ennemis du droit à la vie, Me Emmanuel Nsahlai répond par la force de la justice. « Dans le sillage de l’incident de Nkambe, mon équipe juridique et moi avons entrepris un parcours juridique rigoureux, exploitant chaque avenue disponible, tant au niveau national qu’international, pour traduire les auteurs en justice. Nous avons déposé des plaintes formelles auprès de la Cour pénale internationale (Cpi), soulignant les actes de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre perpétrés par des ressortissants des Etats parties dans la juridiction territoriale des Etats parties », déclare-t-il. Emmanuel Nsahlai annonce par ailleurs la collaboration avec des organismes internationaux à l’instar du Comité contre le terrorisme des Nations unies (Ctc), le Bureau du Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme (Ohchr), Interpol afin d’interpeler ceux qui résident hors du Cameroun et qui sont impliqués dans le financement et le soutien des activités terroristes à l’intérieur des frontières nationales. « De plus, nous avons déposé des plaintes contre les auteurs terroristes de cet incident auprès du Conseil des droits de l’homme des Nations, la Cour européenne des droits de l’homme (Cedh), et d’autres organes » soutient l’avocat. D’ores et déjà, il se réjouit des avancées observées depuis le début de son action en 2020. Notamment « une trentaine d’arrestations sur une centaine de plaintes pénales en cours », confie-t-il.
Centre d’assistance
Concomitamment à l’action judiciaire, Emmanuel Nsahlai annonce la mise en place d’un centre d’assistance aux victimes. « Notre engagement va au-delà de la salle d’audience. Il engage une approche holistique de la guérison et de la reconstruction. Cela inclut la défense et la facilitation de l’accès aux soins médicaux, au soutien psychologique et à l’assistance financière pour aider les victimes et leurs familles à reconstruire leurs vies. Il est de notre responsabilité collective de garantir qu’ils reçoivent le soutien dont ils ont besoin pour guérir et prospérer après une telle perte profonde », plaide-t-il ému par la souffrance de ces compatriotes dépaysés par la violence.
L’homme de droit lance également un appel à la communauté internationale. Notamment « aux estimés ambassadeurs et représentants de la Norvège, de l’Irlande, de l’Angleterre, de la Belgique, de l’Allemagne, de la Suisse, des Etats-Unis, de l’Afrique du Sud, du Nigeria, du Ghana… Dans vos pays résident des individus accusés d’orchestrer ces actes odieux, y compris le leader, Cho Ayaba Lucas. Ces victimes vous regardent pour obtenir justice. Elles vous implorent de reconnaître qu’en permettant à ces terroristes accusés de vivre librement au sein de vos frontières, une ombre est jetée sur l’engagement mondial envers la paix et la stabilité », interpelle Me Emmanuel Nsahlai.



