C’est dans ce contexte que se sont tenus les travaux de la Commission de coordination universitaire (Ccu) 2026 ce 15 octobre à Yaoundé.
Arnaud Kuipo

Arnold B. (nom d’emprunt) est un étudiant de l’Université de Yaoundé I. Peu avant 13 h ce 15 octobre 2026, le jeune homme de niveau 1 d’Information and Communication Technology for Development (ICT4D) est sur le chemin du retour. Il quitte le campus en compagnie d’un autre étudiant du même département : informatique. En effet, il rentre sans connaissance supplémentaire puisque les deux enseignants programmés ce jour ont répondu absents. Ce n’est pas tout. Depuis le début de l’année académique il confie n’avoir eu aucun cours.
Rencontré plus tôt, un étudiant de la filière informatique confie n’avoir pas eu le cours programmé le matin. A 11 h passées, il attendait le prochain cours (sécurité informatique ou électronique) prévu à 16h. Contrairement à Arnold, lui au moins a déjà eu quelques enseignements. Le 7 octobre, qui marquait leur jour de rentrée, le chef de département a dispensé des notions sur l’architecture des ordinateurs. Le lendemain, seul un cours sur deux a été dispensé. Il ne peut toutefois pas confirmer que ces absences sont liées à la grève décidée le 3 septembre dernier.
C’est dans ce contexte que s’est tenue, ce 15 octobre à Yaoundé, les travaux de la Commission de coordination universitaire (Ccu) 2026. Concernant les activités académiques à l’Université de Garoua, pour cette année 2026/2027, le recteur a fait part de la reprise effective des enseignements le 5 octobre dernier. « Aussi bien dans les grandes écoles que dans les facultés, le constat était le même : les étudiants ont répondu massivement à l’appel, les enseignants programmés étaient effectivement en salle », a confié le recteur.
Rappelons que les jours ayant précédé la rentrée académique 2026/2027 ont été mouvementés du fait du mot d’ordre de « grève illimitée » du Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes). Les revendications du Synes étaient, entre autres, le paiement intégral des sommes dues au titre de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche, à tou(te)s. A noter que le gouvernement, d’après le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur, a entièrement apuré l’enveloppe du deuxième trimestre. Selon un communiqué du 7 octobre dernier de Jacques Fame Ndongo, les paiements relevant du troisième trimestre ont débuté.
Contacté hier, un membre du Synes a confié que le syndicat travaillait à la levée du mot d’ordre de grève. « Nous avons un Ben (Bureau national exécutif, ndlr) demain (aujourd’hui, ndlr). On verra pour les délibérations », a-t-il déclaré.
Suh Cheo Emmanuel :
Nous sommes reconnaissants des efforts des autorités
Vice-recteur chargé de l’enseignement, de la professionnalisation et du développement des technologies de l’information et de la communication à l’Université de Bamenda, il s’exprime sur les premiers jours de cette année académique 2026/2027.
Arnaud Kuipo

Alors que l’on est rendu à pratiquement deux semaines depuis le début de l’année 2026/2027, que pouvez-vous dire concernant l’effectivité des activités académiques ?
Le calendrier académique pour l’année 2026-2027 a été publié. Tous les emplois du temps des enseignants ont aussi été publiés. Alors que nous parlons, des soutenances sont en cours. Les cours (…) ont bien commencé. La première cuvée d’étudiants (PhD) admise l’année dernière, suite à la réouverture dudit programme a terminé les examens du deuxième semestre. Nous nous attendons à recevoir la prochaine cuvée, suivant les directives du ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur.
Par ailleurs, nous voulons toujours rappeler que nous sommes reconnaissants des efforts des autorités administratives régionales pour s’assurer que le périmètre de l’université reste en sécurité. Nous continuons de rester vigilants pour que nos étudiants et encadreurs puissent évoluer dans un environnement serein.
Quelle comparaison faites-vous entre ce début d’année académique et les précédents, étant donné le contexte délicat dans le Nord-Ouest ?
L’université est une institution publique. Nous continuons de faire notre possible pour que l’université demeure ouverte. Il est question de s’assurer que quoi qu’il arrive, l’université reste ouverte et opérationnelle. Et nous le faisons en collaboration avec les autorités administratives de la région. De plus, nous encourageons nos étudiants à être plus vigilants afin d’éviter les activités qui peuvent les mettre dans des difficultés ; aussi à continuer avec l’apprentissage hybride.
Qu’en est-il des innovations majeures ?
Chaque année, le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur donne une orientation sur l’évolution de l’année académique. L’innovation majeure que nous avons cette année est de continuer à renforcer l’utilisation de la technologie pour améliorer et enrichir le processus d’apprentissage.
Le président œuvre au rayonnement du système d’enseignement supérieur
Jacques Fame Ndongo, le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur.

Qu’il me soit permis, d’adresser solennellement, à son excellence monsieur le Président de la République, chef de l’Etat, les remerciements sincères de la communauté universitaire et de l’ensemble des chefs des institutions universitaires pour la (ré)ouverture effective des écoles normales supérieures, la relance de la formation au cycle doctoral, la création d’une Commission nationale de la formation doctorale, le paiement constant de l’allocation financière spéciale pour la modernisation de la recherche, la liquidation progressive de la dette académique …
À l’ère de la mondialisation des savoirs savants et concrets, ces actes fondateurs constituent la preuve intangible de l’engagement sans équivoque du président de la République à œuvrer au rayonnement de notre système d’enseignement supérieur, à travers la promotion d’une université de qualité garantissant la souveraineté scientifique du Cameroun.
En guise de rappel, (…) la Commission de coordination universitaire (Ccu) créée le 19 janvier 1993 par décret de monsieur le Président de la République est chargée d’examiner l’ensemble des problèmes relatifs à la coordination et à l’harmonisation des activités des institutions universitaires de la République du Cameroun. (…)
De toute évidence, seule une université résiliente, recentrée sur l’endogénéisation des solutions au bien-être des communautés dans les différentes aires de civilisation constitue le meilleur rempart pour surmonter les défis posés par les temps nouveaux.



