A moins de deux semaines de la clôture de la révision des listes électorales, la vice-président d’Elecam entame une tournée dans la région du Centre pour superviser le processus, et elle se dit satisfaite du travail abattu jusqu’ici, non sans annoncer l’acquisition de la nouvelle machine de production des cartes.
Par Cyril Essissima
Au moment où vous clôturez les opérations de révision annuelle des listes électorales, quel constat faites-vous ?
Nous sommes sur le terrain de manière permanente et effective. Toutes les équipes d’Elecam Centre sont mobilisées à l’instar des équipes des autres régions du Cameroun. Il s’agit d’abord d’une couverture de tous les départements de la région du Centre avec cette tactique de proximité qui est la nôtre en ce moment pour avoir la bonne information, l’information actualisée. C’est-à-dire qu’au fil des jours nous essayons d’évaluer les chiffres que Elecam fait sur le terrain.
Nous clôturons cette phase des inscriptions 2024 en associant tous nos partenaires : les autorités administratives, religieuses, traditionnelles, les partis politiques qui sont les principaux acteurs du processus électoral. Je voudrais souligner la présence des partis politiques qui est effective et nous nous en félicitons. Sans faire dans la langue de bois, deux partis politiques nous ont sollicités avant-hier. Un à Nkoldongo et l’autre à Emana. Les commissions mixtes étaient présentes car ce sont elles qui travaillent effectivement avec Elecam sur le terrain au jour le jour. Nous avons vu des jeunes qui se sont mobilisés. J’ai été particulièrement frappée par la présence des jeunes et des femmes dans les pools d’inscriptions. D’ailleurs la principale animatrice d’Emana c’était une dame vraiment très active. Elle vérifiait les cartes d’identité. Je profite de cette occasion pour dire que Elecam ne va plus être accusé de quelque manigance que ce soit. A Nkoldongo, en dehors du parti politique qui a demandé cette descente, il y avait les autorités traditionnelles et le député de la place. Je crois que cette collaboration devrait commencer très tôt. A titre d’exemple, au début on ne sentait pas le parti politique qui a mobilisé à Nkoldongo. Mais là il est présent et demande aux gens d’aller s’inscrire. Cela s’est fait dans la discipline dans les deux endroits où nous nous sommes rendus. Ils ont prévu des chaises, des gens viennent et s’assoient par ordre d’arrivée. Bref, l’ambiance était très bonne enfant. A Nkoldongo c’était le Rdpc et à Emana c’était le Mrc.
Relativement aux objectifs fixés de départ, êtes-vous satisfaite du travail fourni par les démembrements d’Elecam dans la région du Centre ?
Dans la région du Centre, l’objectif quantitatif était de 127 000 nouvelles inscriptions. Dans le Mfoundi spécialement, nous sommes à 10 000 nouveaux inscrits à deux semaines de la clôture. Ce qu’on note sur le terrain c’est que tous les départements ont dépassé les 100%. Certains nous ont même fait des chiffres ahurissant avec 180%. Au cours de la deuxième partie de cette année, c’est-à-dire depuis le mois de juin les gens se sont mis en mouvement pour pouvoir inscrire le maximum de jeunes, notamment ceux qui ont atteint 20 ans.
Sauf que sur le terrain, les agents d’Elecam se plaignent de la vétusté du matériel et, il se peut qu’il y ait un système de rotation… N’est-ce pas paradoxal aux résultats ?
Non, ce n’est pas paradoxal parce qu’il y a des enjeux électoraux qui interviennent. Nous sommes à une année pré-électorale. C’est la grande élection qui est visée ici, et personne ne veut être absent des urnes à ce moment-là. Les jeunes en ce moment sont intéressés. Même si les petites élections ont été reportées, les Camerounais de la diaspora et ceux du pays même visent la grande élection. On dit chez nous que les absents ont tort.
Le problème relatif aux machines a été mitigé par le fait que Elecam a trouvé une stratégie pour opérer. Alors nous avons révisé nos anciens kits, parce qu’on a nos techniciens maison qui ont pu acquérir assez de compétence pour opérer sur les machines, ils ont remplacé les pièces défaillantes dans certaines machines. Et puis il y a ce système de rotation effectivement qui opère. Comme exemple, pour qu’il n’y ait pas d’arrêt et pour booster le personnel d’Elecam, le directeur général des élections a appuyé les antennes par le personnel de l’agence, par le personnel de la délégation pour que les gens ne sentent pas cette lassitude.
Où en est-on avec le projet d’achat de la Persoline, cette machine qui permet de produire les cartes ?
Au moins je peux vous annoncer une bonne nouvelle. La Persoline est bel et bien là. Le seul petit problème qu’on avait c’est l’ajustement des cartes à la nouvelle machine, sinon on serait descendu sur le terrain avec les nouvelles cartes. Mais la machine est là. On peut l’annoncer fièrement à tout le Cameroun parce que les Camerounais ont été très patients, très compréhensifs. On n’attendait vraiment pas ça d’eux.
Avez-vous pensé à une stratégie pour booster davantage le nombre d’inscrits sur le terrain pour cette dernière ligne droite ? Et quelles sont vos attentes ?
Les attentes que je nourris c’est d’abord que les équipes d’Elecam me disent qu’elles ont couvert tous leurs territoires. Par exemple, si je suis à Mbankomo, que l’équipe d’Elecam me dise qu’elle était à Angon 2, qu’elle était à Nkolbiyeng, ainsi de suite. L’autre stratégie est celle de la présence permanente à l’antenne. Tout le monde ne peut pas suivre le kit. Il y a un kit immobile et il y a un kit qui va d’un point à un autre. Il y a un calendrier établi à cet effet et que les équipes d’Elecam suivent.
Quant à mes attentes concernant les quotas fixés, ceux-ci ont été atteints. Si par chance on trouve le petit canard qui traîne, on va l’aider à améliorer son travail. Par exemple, si on note que dans le département de la Mefou et Akono les équipes n’ont pas pu aller à Nkololong, qu’on puisse trouver une stratégie sur place. S’il s’agit d’un problème de moto, on peut ajouter une autre moto en appui. De temps en temps, on accompagne une équipe à tel endroit ou à un autre.
Y a-t-il d’autres difficultés qui vous reviennent ?
Oui, il y a l’état des routes. Il y a des difficultés qui tiennent de l’encadrement des parents. Certains trouvent toujours que c’est une activité inutile. Certains sont handicapés par le fait qu’ils n’ont pas de carte nationale d’identité. C’est la réalité de nos villages. Ça on le dénonce tous les jours. Pour certains, les chiffres du récépissé n’étaient pas utilisables pour nous. On a essayé de voir comment contourner cela. Il y a des difficultés financières des populations à venir s’enrôler au niveau des chefs-lieux des départements par exemple. Je prends un exemple : pas loin de Yaoundé, notamment à Nkolnda, si quelqu’un habite à 7Km, la moto lui prend 500 Fcfa de son village au point d’enrôlement. Il ne va pas s’enrôler à Nkolnda, il va le faire à Mfou-centre. C’est la raison pour laquelle l’une des stratégies sur laquelle nous mettons le plus d’accent est la mobilité de nos équipes.
Avez-vous le sentiment que Elecam a tout mis en œuvre pour booster les inscriptions dans le Centre ?
Je n’ai jamais mis les pieds à Nsem dans la Haute-Sanaga depuis que je suis à Elecam. J’y vais ce mercredi pour voir comment les équipes ont travaillé sur le terrain. C’est ce que nos équipes font sur le terrain. Généralement, je fais la réunion à Minta à 70 Km de Nanga. Ceux qui sont à Bibey ont environ 40 Km ou 30 Km à couvrir. Nous allons booster ces équipes.
Nous aimerions atteindre l’idéal de ce que les Camerounais attendent de nous. Mais tous les jours nous faisons des efforts pour donner satisfaction aux Camerounais. Ce n’est pas tellement l’importance du fichier électoral qui fait la qualité du travail. L’idéal c’est que le fichier électoral soit soutenu par la qualité du travail. C’est ce que nous faisons à Elecam. Nous voulons que les deux aillent de pair. Mais si la quantité n’est pas là, nous voulons vous assurer que la qualité y est. Voilà notre combat de tous les jours. Les Camerounais s’attendent à voir 20 millions d’inscrits. C’est utopique, quel que soit le pays que vous prenez. Mais nous voulons veillez sur la qualité du fichier. Lorsque nous allons clôturer, nous aurons peut-être 10 millions du le fichier. Mais en procédant au nettoyage, nous aurons des doublons quelque part, nous aurons des radiations qui ont été oubliées, nous aurons ces écueils qu’on rencontre dans un fichier électoral et que nous devons à tout prix nettoyer. La question importante c’est que le nettoyage se fasse bien.
Ce que nous voulons que les Camerounais comprennent c’est que le processus électoral camerounais soit un processus qui a les qualités exigées. Que les inscriptions commencent à porter ces qualités de transparence dès le départ, d’équité par l’inclusion de toutes les forces vives de la nation. Que le travail qui est fait sur le terrain porte le sceau de la paix. C’est la raison pour laquelle nous voulons que toutes les équipes mixtes travaillent sur le terrain. Collaboration des partis politiques, pas pour un but démagogique, mais pour un but de construction de la paix et de la démocratie dans notre pays, avec la collaboration des médias. Parce que quand vous portez aux Camerounais la bonne information, c’est notre travail qui est fait de moitié.
Merci pour les opportunités que vous nous offrez de parler aux Camerounais.



