Ils ont été invités à relayer les messages essentiels afin de contribuer à l’atteinte de l’objectif de 60 % d’allaitement maternel exclusif.
Wamba Sop
Des journalistes lors de la rencontre consacrée à l’allaitement maternel.
À l’occasion de l’édition 2026 de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a réuni une vingtaine de journalistes au Café Média, le 31 juillet dernier. Objectif : faire des médias les ambassadeurs d’un message simple mais vital : « Pas d’eau avant 6 mois. »
Avec pour thème: « l’allaitement maternel pour un départ durable dans la vie : renforcer ce qui fonctionne », les experts tirent la sonnette d’alarme. Au Cameroun, le taux d’allaitement maternel exclusif stagne à 39,7 % depuis 2018, loin de l’objectif mondial de 60 % à l’horizon 2030.
Selon l’Enquête démographique et de santé ( Eds) 2018, 31,3 % des nourrissons de moins de six mois reçoivent déjà de l’eau en complément du lait maternel. « C’est le premier facteur de rupture », explique un spécialiste. Parmi les conséquences évoquées : une baisse de la production de lait, des risques d’infection et même d’hyponatrémie. « Le lait maternel contient déjà environ 80 % d’eau. Même à Maroua, avec des températures pouvant atteindre 40 degrés, il n’est pas nécessaire de donner de l’eau au nourrisson », martèlent les experts.
Renforcer ce qui marche
Plutôt que d’inventer de nouvelles solutions, l’Unicef mise sur la capitalisation des bonnes pratiques. Dans la région de l’Ouest, par exemple, le projet « Plus fort avec le lait maternel uniquement » vise à faire passer le taux d’allaitement maternel exclusif de 33 % à 38 %. Un paradoxe demeure : 96 % des accouchements se déroulent dans des formations sanitaires, mais seulement 38 % des nouveau-nés sont mis au sein dans l’heure qui suit la naissance.
Parmi les leviers identifiés figurent les groupes de soutien entre mères, l’implication des pères et des leaders traditionnels, le recours aux radios communautaires ainsi que la mise à disposition de salles d’allaitement pour les travailleuses. « Il ne suffit pas de communiquer. Il faut déclencher des actions concrètes », insiste l’Unicef. Les journalistes sont ainsi appelés à lutter contre la désinformation, à valoriser les témoignages de mères et à dénoncer les violations du Code de commercialisation des substituts du lait maternel.
Le message final adressé aux journalistes est clair : devenir des relais pour contribuer à l’atteinte de l’objectif de 60 % d’allaitement maternel exclusif d’ici 2030. Car l’allaitement constitue également un levier de lutte contre le triple fardeau nutritionnel auquel fait face le Cameroun : sous-nutrition, surnutrition et carences nutritionnelles.



