La virtuose de la guitare et pépite du jazz donne un concert en format Quartet ce soir à l’auditorium de la Fondation Tandeng Muna de Yaoundé.
Par Alain Ndanga
L’auditorium de la Fondation Tandeng Muna et Sami Nkuh est une histoire d’amour qui se manifeste par des actes. Cette arène va abriter une énième fois un spectacle de la virtuose du jazz. Le dernier remonte à octobre 2023. Ce jour, Sami Nkuh arborait la tunique d’artiste humanitaire. Le concert était intitulé « Relive » et porté par le thème, « parce que tous les enfants ont droit à l’éducation ». Étant une action collective, il avait fait appel aux artistes tels que Caraah, Rodrigue Ndzana, Ndanga et Nicaise Tessock. Sami a à cœur d’institutionnaliser cet événement qui réagit à la main tendue des enfants défavorisés et surtout des déplacés internes, victimes des conséquences de la crise sécuritaire dans les régions du Sud-ouest et du Nord-ouest.
Ce soir, Sami Nkuh dans son format Quartet entend célébrer la musique, plus précisément dans l’expression qu’il affectionne le jazz. Donnant le ton avant le premier son, il indique que c’est un voyage entre les rythmes, sonorités diverses et des mélodies accrocheuses. Sami le fait très bien et ses fans s’en délectent à chaque occasion qu’ils le voient sur scène. Sami Nkuh réserve au public jazz de Yaoundé ce qu’il a de plus beau de ses compositions personnelles : « The Sky is Open, Blue Sky, Héritage, Blisses » ; des titres dans lesquels il passe le message de paix, de confiance en soi et d’espoir ; mais aussi la chanson “Éyahh ééé” où il transmet la joie dans le cœur des humains.
Et pour concocter ce magnifique repas bouillon artistique, le trio avec qui ils forment le Quartet est composé de Véra Tchéby au lead vocal ; Michel Eloumou à la basse et Charles William à la batterie.
Pour Samy, il n’est pas question de dire que le jazz est une musique entièrement à part ou qu’il veut s’ériger en donneur de leçons ; mais nous voulons à côté de cette musique-là, proposer un contenu artistique différent, respecté et qui dure sur le temps. Plus spécifiquement, la philosophie est de réintégrer et repenser un retour sur le travail scientifique et technique de l’instrument ; construire un narratif instrumental, inspiré des sonorités traditionnelles des aires culturelles du Cameroun pour l’élaboration d’une musique qui se veut originale, manifeste de la nouvelle écriture musicale de l’Afrique.
L’environnement artistique camerounais, voire africaine est dominé par des musiques dites « urbaines ». Ce n’est pas l’adjectif « urbain » qui est au menu des menus des débats qui ont cours. C’est bien plus comment ces musiques « urbaines » sont élaborées. Qui sont ceux qui les élaborent ? Comment elles se structurent ? Peuvent-elles répondre aux critères atemporels ?
Sami Nkuh, (de son vrai nom Samuel Nkuh Egeh), est très tôt passionné par la musique, ses oreilles infantiles se tendent quand il s’agit d’écouter du Jazz. Il se met à l’école de la guitare dès l’âge de 13 ans. Le gamin est d’alors influencé par des musiciens africains tels que Richard Bona, Jimmy Dludlu ; et virtuoses américaines qui ont dominé le Jazz tels que George Benson et Earl Klugh, et surtout le Jazz Manouche avec Bireli Lagrène et Sylvain Luc.
De plusieurs résidences, il s’est lancé dans la création des chansons taillées à sa mesure. Dans sa playlist, fourmillent plus d’une vingtaine de maquettes composées et arrangées par ses propres soins. En mai 2022, il remporte le Prix découverte du Goethe Institut. C’est donc une reconnaissance du travail bien accompli, dénichée par l’institution allemande qui se révèle de fil en aiguille au grand public. A la suite de cette distinction, il fait un concert de performance sur la scène du Goethe en juillet 2022. Pas plus tard que le 30 décembre 2023, le « génie du jazz » partageait la même scène à Yaoundé avec le saxophoniste, Kayou Roots et la chanteuse Caraah pour une fin d’année en jazz.



