Affaire Redhac : Verdict le 21 septembre prochain

Le tribunal devra trancher entre l’accusation, qui requiert la culpabilité des deux accusées et qualifie les faits de « délit de rébellion en coaction », et la défense, qui plaide la relaxe des prévenues.

Blaise Djouokep

 Les prévenues et leurs conseils.

Les échanges ont été houleux au cours de l’audience du lundi 7 septembre 2026, dans le cadre de l’affaire de bris de scellés opposant le préfet du département du Wouri à deux responsables du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), Maximilienne Ngo Mbe, directrice exécutive, et Me Alice Nkom, co-Pca 

Relevant avec insistance que «  de se soumettre à l’autorité administrative dans l’exercice de ses fonctions », le ministère public a fait observer au tribunal qu’au cours des débats, aucune excuse n’a été présentée par elle, légitimant, selon lui, la défiance vis-à-vis de l’autorité administrative. Des arguments sur la base desquels le ministère public demande au tribunal « la requalification des faits en délit de rébellion en coaction et de déclarer ces prévenues coupables ».

Des arguments balayés par la vingtaine d’avocats de la défense. À en croire Me Claude Assira, Maximilienne Chantal Ngo Mbe et Me Alice Nkom sont victimes d’un acharnement de la part du ministre de l’Administration territoriale. « Le Minat a pris pour cible le Redhac depuis deux ans. Il les a convoquées à la Dpj pour financement fictif à hauteur de 4 milliards de Fcfa. S’il y avait eu le moindre début de commencement d’une irrégularité, ces dames ne seraient pas ici », argue l’avocat, d’après qui la suspension du Redhac pour une durée de trois mois s’inscrit dans cette logique. Une durée après laquelle, rappelle-t-il, le Redhac a été réhabilité par le juge administratif. « Le préfet s’est donné la mission de Zorro d’exécuter la décision du Minat », tance Me Assira.

Sur la requalification des faits en « délit de rébellion en coaction » souhaitée par l’accusation, l’avocat est formel. « Ne pas répondre à une convocation n’est pas une rébellion. On est libre de répondre ou pas à une convocation. Cependant, elle (Me Alice Nkom, Ndlr) est allée et n’a pas été reçue », souligne l’avocat, qui fait état d’autres arguments témoignant de la bonne foi des accusées.

Les conseils de la défense ont aussi brossé le portrait de Maximilienne Ngo Mbe, évoquant son combat pour la défense des droits humains, ses prix glanés à l’international et son engagement pour que le Cameroun respecte les conventions qu’il a librement ratifiées. « Elle est victime de harcèlement, mais elle ne lâche pas », note Me Gladys Njoya. Après avoir écouté les deux parties, l’affaire a été mise en délibéré pour le 21 septembre 2026.