
La bibliothèque numérique portée par la société ITGStore offre des formations en agriculture aux jeunes, pour renforcer leurs capacités techniques et entrepreneuriales, et leur permettre de gagner de l’argent.
Michel Ferdinand
Le volet savoir-faire de la bibliothèque numérique Añdjeun [source en langue bulu] se met en œuvre le 3 août 2026 à travers une série de formations ouvertes jusqu’au 8 août prochain à Douala, à une trentaine d’hommes et de femmes venus des différentes régions du Cameroun. L’initiative pilotée par la société ITGStore entend renforcer les capacités techniques des jeunes, des femmes, des producteurs et des porteurs de projets via une formation combinant connaissances théoriques et mises en pratique.
Un projet implémenté dans un contexte dominé par la recherche de nouvelles opportunités d’entrepreneuriat, de diversification de revenus et de sécurité alimentaire. Il y a également la tendance pour les jeunes à emprunter le chemin de l’étranger à la recherche d’un éventuel Eldorado. « Nous allons leur donner toutes les clés sur cinq activités majeures de l’agriculture pour qu’ils soient capables de rentrer dans leur environnement et de créer des fermes de projets que nous allons suivre ensemble pour les accompagner », explique le promoteur de Añdjeun, Gabriel Fopa. Il cite par exemple « l’apiculture, une activité qui permet de produire quatre éléments, le miel, la gelée royale, la propolis (anti-inflammatoire) et la cire. Un petit flacon de propolis, c’est 10 000 Fcfa ». Les autres modules intègrent la pisciculture, l’héliciculture, la myciculture et la culture des plantes médicinales.
S’agissant de la myciculture, module dispensé hier, on retient des échanges avec Nadine Djhonsy, expert en la matière, qu’en plus de ses valeurs nutritives, la culture du champignon peut nourrir son homme, avec l’avantage d’avoir la rafle de maïs, une matière première moins chère. « Pour 100 kits, on peut récolter 10 kg de champignons. Sur le marché local actuellement, le kilogramme du champignon est entre 3 500 et 4 000 Fcfa. Si on achète des sacs de rafles à 10 000 Fcfa, la production finale peut se situer entre 10 et plus. En faisant le ratio entre la production et ce qu’on gagne, on se situe autour de 40 000 à 45 000 Fcfa. Là, nous évaluons par quantité », renseigne-t-elle. En précisant que « c’est juste à la première récolte. Et on peut aller jusqu’à deux ou trois récoltes. Sur les mêmes 100 kits, on peut récolter 10 kg dans un premier temps. Après, ça ira en diminuant jusqu’à ce qu’on jette les kits. Pour 100 kits, on est largement supérieur à quelqu’un qui a fait les mêmes quantités, le même investissement, pour un champ de maïs ».
Les participants ne se tournent pas les pouces. « Je trouve que c’est très intéressant, parce que le ministère de l’Agriculture nous offre déjà des semences à moindre coût. En plus, on voit que c’est rentable. La méthode didactique est appréciée, parce qu’elle n’est pas très théorique, elle n’est pas lourde, elle est interactive », apprécie Frédéric Fongang, un participant. L’enjeu, formule Gabriel Fopa, « c’est qu’un jeune qui combine trois ou quatre de ces cinq activités, quel que soit l’endroit où il est au Cameroun, est capable d’avoir au moins 700 000 ou 800 000 Fcfa, voire plus par mois. Ça veut dire que s’il démarre une petite activité, étant sérieux, il pourra sur quelques années avoir une entreprise qui emploie 30 à 40 personnes ».
Le projet soutenu par le ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique (Minjec), mobilise des instructeurs ou ingénieurs pour encadrer et évaluer les participants « de manière situationnelle ». Il y a aussi la possibilité pour ceux dont les projets vont atteindre un niveau d’expertise de maturité, de bénéficier de financement. Certaines banques sont déjà prêtes. En attendant, le volet savoir-être du projet comprend une bibliothèque numérique de plus de 4500 livres produits par des auteurs de renom de par le monde afin de transformer les consciences.



