Ayant trimé dans des métiers informels, le sillon est creusé pour l’artiste musicien qui performe dans la pièce « Tiens ton cœur », mise en scène par Kouam Tawa, et avec Ana Lorvo à l’interprétation.

Par Alain Ndanga
Abraham Nerl Kwemy est talent dont le réveil a été lent. Le Cameroun a failli le perdre. Comme le fils prodige, le dramaturge et metteur en scène, Kouam Tawa l’a déniché et l’a dévoilé au même moment qu’il l’a révélé au grand public.
Sur la scène, Nerl partage son intimité artistique avec Ana Lorvo (Marianne), le dialogue se fait par les notes de musique, des progressions harmoniques et une voix qui crée les moments de tensions entre les tableaux de la pièce. Marianne perd son mari ; Sikati dans des circonstances troublantes. Elle doit rentrer chez elle en Europe en ne gardant pour seul souvenir que de la poussière prélevée près de la tombe où repose son époux Sikati. Tout ça, la musique accompagne le jeu d’acteur de Marianne. Abraham n’est pas très visible, mais ses mélodies jouées avec le balafon chromatique, sa sanza, ou sa dextérité aux percussions font de lui le couteau suisse de la pièce. La virtuose forme une équipe avec le régisseur lumières, Roch-Amedet Banzouzi.
J’avais 12 ans
Abraham donne raison à ceux qui pensent que personne ne peut le faire aussi bien. Il n’arrête pas de dire ses reconnaissances à Kouam Tawa a su réveiller la pépite qui somnolait en lui. Son histoire avec l’auteur de Tiens ton cœur est un conte de fée. Tout s’est produit tel un hasard, sur une mototaxi, ce qui lui permettait de survivre à la galère en transportant des passagers. Ce jour, son destin a changé quand il avait Kouam comme client. Sur le chemin, la conversation a tourné très vite à la reconversion. Mais Nerl explique que son histoire avec la musique a commencé depuis mon enfance, « il suffisait juste d’une mélodie pour captiver mon attention », relate-t-il. « A presque trois ans, quand j’allais à l’église avec ma mère et ma grande mère, j’allais toujours auprès des choristes chanter sans pouvoir maitriser les paroles ». Il ajoute que dès 6 ans « j’ai pu développer à l’écoute le rythme, et je cassais déjà les tables, les plats, et même les bancs à l’école à la recherche du son ». Son amour pour la guitare commence à l’âge de neuf ans. « Ma première grande animation publique j’avais 12 ans à l’occasion de la fête patronale de ma paroisse, j’étais soliste au balafon ».
Richard Bona
Il a participé à plusieurs animations ou concours scolaires à l’école primaire et au collège ainsi que dans les différentes paroisses. Il s’est distingué dans plusieurs rencontres à l’instar du prix des jeunes leaders pour l’innovation en matière de technologie verte. « J’avais composé une chanson pour l’environnement, lequel prix a été décerné par le haut-commissaire de la grande Bretagne au Cameroun.2013 -2014 concours scolaires organisé par les brasseries, Animateur jeunesse pour les special vacances pour le compte de fusion de sport de combat réinsertion sociale ».
Il est enseignant de guitare acoustique à Manna Music Academy. Il a plusieurs créations et spectacles avec le La’akam : Compagnie Feugham. Il participe à Paris en 2024 à deux résidences de créations pour la pièce Tiens ton cœur. « Je rêve être un excellent artiste comme Richard Bona et apporter ma part de pierre pour le développement humain et le progrès artistique africain », conclut-il.



