Le conseil d’administration de l’entreprise camerounaise spécialisée dans la commercialisation des produits pétroliers et de gaz domestique, réuni du 9 au 12 juin 2026 à Douala, sous la présidence d’Emmanuel Patrick Mvondo, a procédé à la nomination de nouveaux directeurs généraux dans quatre filiales : Tchad, République démocratique du Congo, Guinée Équatoriale et République centrafricaine. Portraits des promus.
Par Ulrich Enyegue
Un manager aguerri
Il n’arrive pas en terrain inconnu, mais en mission de consolidation. Le 11 juin 2026 à Douala, le conseil d’administration extraordinaire de Tradex RDC a officiellement confié les clés de sa filiale congolaise à Georges Bassalang Bolemen. À 52 ans, cet ingénieur pétrolier camerounais, diplômé de la prestigieuse École nationale supérieure du pétrole et des moteurs en France, succède à Philippe Attang Atomb Bekonj. Ce choix stratégique, opéré sous la présidence d’Emmanuel Patrick Mvondo, valide la trajectoire sans faute d’un manager qui a fait ses classes dans la rigueur de l’industrie automobile allemande (Opel, Mercedes, Bosch) avant de bifurquer vers les hydrocarbures en 2003 chez Total.
Passé par la raffinerie de Normandie, Technip et Total Congo, ce cadre chevronné a démontré sa valeur dans l’industrie des hydrocarbures. Il rejoint Tradex en 2011 comme chef de département grands comptes. Il y fait rapidement ses preuves par son sens de la performance et de la structuration commerciale. De 2019 à 2025, il devient le premier Directeur général de Tradex Guinée Équatoriale, à Malabo. Sous sa direction, la filiale est hissée au rang de deuxième entreprise de grand standing du pays.
Cette nouvelle promotion en République démocratique du Congo est le reflet d’une politique de valorisation des compétences chères à Adolphe Moudiki, Pca du groupe Tradex. Reconnu par ses pairs pour son humilité, sa rigueur et sa parfaite maîtrise des réalités énergétiques du continent, Georges Bassalang incarne cette génération de leaders africains prêts à relever les défis de la distribution pétrolière.
En le propulsant à la tête de la filiale congolaise, la haute direction du groupe mise sur un homme d’action capable de dupliquer ses succès équato-guinéens.
Première femme Dg
« Madame Mouangue est la première femme à occuper un poste de directeur général au sein du groupe Tradex ». Par cette déclaration du Pca, Emmanuel Patrick Mvondo, le 10 juin 2026 à Douala, le distributeur pétrolier bouscule enfin ses propres traditions. En prenant la tête de Tradex Tchad S.A, en remplacement de Paul Hérick Christian Secke, cette Camerounaise s’impose au sommet. Un virage historique, arraché grâce à un leadership de terrain et des résultats bruts incontestables.
Une consécration pour cette diplômée de l’Université catholique d’Afrique centrale (Ucac) qui totalise dix-huit ans d’expérience sectorielle. Repérée en 2013 par Tradex après avoir fait ses armes chez Petrolex, elle a méthodiquement gravi tous les échelons internes. Pendant sept ans, elle affronte d’abord les rudes réalités du grand Nord camerounais. À son poste de chef de secteur puis de chef de district, elle y structure un réseau performant et durable. Ces résultats lui ouvrent les portes du Comité de direction en 2024, lorsqu’elle est promue chef de la représentation de Yaoundé. Cette nomination au sommet de la filiale tchadienne vient récompenser un parcours interne irréprochable de onze années.
Ce choix traduit également une vision politique globale et assumée par le top management. Comme l’a précisé Emmanuel Patrick Mvondo à l’issue de la session extraordinaire, « au-delà de ses compétences reconnues et saluées, sa nomination valide l’approche genre promue par le ministre Adolphe Moudiki, président du groupe Tradex, qui a prescrit une meilleure inclusion des femmes dans les instances de décision ». Mariée et mère d’un enfant, la nouvelle patronne ouvre un chapitre inédit pour le distributeur pétrolier au Tchad, désormais porté par une gouvernance au féminin.
Aux commandes en Guinée Équatoriale
Le grand public lui doit la bouteille orange « Tradexgaz ». Les administrateurs saluent le gardien rigoureux des budgets. C’est ce profil de stratège complet qui prend la tête de Tradex Guinée Équatoriale. Réuni en session extraordinaire le 9 juin 2026 à Douala, le conseil d’administration présidé par Emmanuel Patrick Mvondo a nommé André Marc Emmanuel Yinda au poste de directeur général, en remplacement d’Alain Francis Ngondi Owona. Jusqu’ici conseiller technique N°1 à Tradex S.A et administrateur des filiales tchadienne et congolaise, ce Camerounais de 48 ans hérite d’une vitrine internationale stratégique.
Diplômé de la Sorbonne et de l’Esgf-Paris, il est un pur produit de la maison. Entré en 2005 comme cadre comptable après des classes chez Addax et Oryx, il a gravi tous les échelons. Patron de l’audit interne, puis chef de division budget et contrôle. En deux décennies, il a redressé le résultat net du groupe grâce à une politique stricte de maîtrise des charges et à l’introduction d’indicateurs de performance. Son expertise va au-delà de l’entreprise. Ancien membre de l’Anor, il a corédigé la norme camerounaise de 2018 sur la sécurité des bouteilles de gaz butane.
En l’envoyant à Malabo, le top management mise sur ce technicien hors pair pour consolider les positions du distributeur. À l’issue du conseil, le Pca Emmanuel Patrick Mvondo a clairement tracé sa feuille de route. « Le nouveau directeur général continuera à œuvrer à faire rayonner la marque Tradex en Guinée Équatoriale. Notre objectif est de participer activement auprès des autorités à soutenir le développement prodigieux de ce pays frère ». Un défi sur mesure pour ce bâtisseur de l’ombre, propulsé au cœur de la diplomatie économique régionale.
L’homme des redressements
Il quitte le Tchad après y avoir orchestré un redressement financier spectaculaire. Le 12 juin 2026 à Douala, le conseil d’administration extraordinaire de Tradex Centrafrique, présidé par Emmanuel Patrick Mvondo, a nommé Paul Hérick Christian Secke au poste de directeur général, en remplacement de Florian Mbangue. À 50 ans, cet ingénieur en génie chimique diplômé de l’Université Paris VI et titulaire d’un Master de l’Eslca Paris est un manager pugnace. Fort de 25 ans d’expérience sectorielle, il a fait ses armes chez Renault et Suez en France, puis chez Chevron Texaco au Cameroun, avant d’intégrer Tradex en 2006. Chef de district rigoureux, il avait été envoyé à N’Djamena en 2017 pour redynamiser la filiale tchadienne. En neuf ans, il a relancé sa rentabilité et multiplié les innovations sur le réseau de stations-service. C’est ce profil de redresseur d’entreprises qui hérite aujourd’hui de la Centrafrique.
En le projetant à Bangui, le top management choisit un homme d’action pour arrimer le groupe à la relance économique du pays. À l’issue du conseil, le Pca, Emmanuel Patrick Mvondo a clairement défini l’urgence de sa feuille de route : « Le redécollage économique en cours en République centrafricaine nécessite la présence aux côtés des autorités d’un marketer professionnel et expérimenté. Tout doit être mis en œuvre pour que la vision du Ministre Adolphe Moudiki, Président du groupe Tradex, qui veut que Tradex soit un outil fiable au service de l’autonomie énergétique de l’Afrique, devienne une réalité en terre centrafricaine. ».
Un défi géopolitique et commercial majeur pour ce haut cadre, désormais chargé de piloter l’autonomie énergétique de Tradex en Rca.



