Des personnes vivant avec un handicap outillées
Face à la méconnaissance de leurs droits, et aux menaces qu’elles subissent dans le cyberespace et même hors-ligne, Civic Watch a organisé à Yaoundé, le 02 septembre 2026, ces personnes, pour une activité de sensibilisation.
Lorine Claudia Agnang

Bien que l’essor du numérique offre de nouvelles opportunités de participation citoyenne, il a également accéléré la propagation de la désinformation et des attaques ciblées (cyberhacèlement, discours de haine, etc.), particulièrement envers les personnes vivant avec le handicap et même celles souffrant d’albinisme. Une situation qui, au lieu de favoriser l’inclusion, pousse plutôt ces personnes vulnérables à se recroqueviller. Pour répondre à ces urgences, Civic Watch, en collaboration avec le Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun, a organisé un atelier participatif fondé sur deux axes majeurs : la compréhension et documentation des discriminations, et l’apprentissage des pratiques de sécurité numérique et hors ligne. Cette démarche permet d’outiller directement les participants pour défendre leurs droits. « La première raison d’être de ce programme vient du fait qu’en général, nous avons l’habitude de parler des problèmes des personnes vivant avec un handicap, mais en l’absence des premiers concernés. Nous rassemblons des personnes en pleine forme, sans inviter autour de la table les personnes vivant avec un handicap. La seconde raison est que nous menons un projet avec le ministère allemand fédéral des Affaires étrangères sur les questions de handicap, mais aussi sur les droits numériques : comment nous engageons ces personnes sur les questions de sécurité et de protection en ligne. Pas seulement en ligne, mais également hors ligne. Et aussi, comment nous pouvons renverser la tendance et changer le regard vis-à-vis de ces personnes. »
L’atelier a tout de même permis de mettre en lumière les obstacles structurels qui freinent l’inclusion numérique au Cameroun. « Avoir accès à Internet de nos jours est une chose très importante. Sauf que, tel qu’Internet est conçu, il n’est pas inclusif, ce qui pose un problème d’accessibilité pour les personnes vivant avec un handicap. Dans certains pays, des lois obligent les concepteurs de plateformes numériques à les rendre inclusives. Ce n’est pas le cas ici au Cameroun. L’autre obstacle, c’est que les équipements (téléphones, ordinateurs, etc.) coûtent cher, ce qui les rend financièrement inaccessibles pour beaucoup. La troisième chose, c’est la formation : il est primordial d’être formé sur la manière d’utiliser son téléphone. » L’objectif n’est pas juste de venir faire des longs discours, mais plutôt documenter au moins 20 cas de discrimination pour alimenter le plaidoyer institutionnel.


