Ces filles, détenues dans le plus grand secret au quartier Essos, ont été retrouvées le 02 septembre 2026, grâce à la vigilance des voisins.
Rebara Habra

Des policiers vont et viennent entre l’immeuble et leur véhicule stationné en bordure de route. Les portes sont scrutées, les abords inspectés. À chaque mouvement des forces de l’ordre, les murmures de la foule montent d’un cran. « Il n’y a rien à faire. Il faut brûler cette maison. Cette femme et sa bande doivent être tuées aussi, comme les enfants qui ont disparu dans cette maison », lâche un badaud.
L’affaire est connue depuis la fin d’après-midi du 02 septembre 2026, mais aucune autorité ne s’est exprimée sur le sujet depuis 48 heures. Beaucoup parmi ceux qui ont envahi la résidence où elles étaient détenues craignent que ce ne soit un groupe de pédocriminels qui retenaient ces enfants à des fins d’exploitation sexuelle
Des téléphones sont brandis pour filmer la scène. D’autres habitants, arrivés quelques minutes plus tôt, interrogent leurs voisins pour tenter de reconstituer les circonstances de la découverte de cette présumée maison de séquestration au quartier Essos, dans la commune d’arrondissement de Yaoundé 5e.
De l’extérieur, la concession ne laisse rien paraître. La barrière reste close. Rien de suspect n’est visible à première vue. Il faut entrer pour tenter de percer le mystère de cette activité dissimulée derrière les murs. « Je vends ici au marché Essos depuis des années. Cette maison est toujours fermée. On voit juste de gros véhicules en sortir et y entrer, très souvent dans la nuit. La maman qui y habite est de l’Ouest, je crois. Son père doit être Nigérian. Quand elle vient faire le marché, elle achète les produits en grande quantité. Personne ne pouvait imaginer à quoi ces aliments étaient destinés », explique une commerçante.
Sur place, on apprend que la propriétaire présumée des lieux est veuve. « Son mari est décédé. Je crois qu’elle est en couple avec un pasteur. Et c’est avec ce pasteur qu’elle traitait certainement ce business », ajoute la commerçante. L’alerte a été donnée dans l’après-midi du 2 septembre 2026. « Il était 14 h quand les gars du quartier ont cassé la maison pour savoir ce qui s’y passait. C’est ainsi qu’on a découvert des jouets d’enfants, des dortoirs, des motos, des voitures et d’autres appareils. La police a fait sortir des mallettes et des sacs contenant des ordinateurs », confie une source sécuritaire.
Une dizaine d’enfants, tous mineurs, ont été sortis de cette concession. L’intervention est menée par les éléments du 16e arrondissement de police. « Il y avait du personnel employé pour prendre soin des enfants qui ont été trouvés. Il y avait aussi une sorte d’infirmerie », confie une autre source proche du dossier.
La perquisition a permis d’interpeller deux femmes. Pour l’heure, l’enquête ouverte doit permettre de déterminer les conditions dans lesquelles ces enfants se trouvaient dans cette maison, leur provenance et la nature exacte des activités qui y étaient menées.



