L’environnementaliste et activiste revient sur l’opération menée ce 9 août 2026 à Yaoundé.
Michel Enony

Depuis un certain moment, on vous voit sur les réseaux sociaux mener des campagnes de curage de drains, de nettoyage des déchets et de sensibilisation. Pourquoi avez-vous décidé de mener cette action et d’où vous est venue l’idée ?
J’ai décidé de mener cette action parce qu’il y a un besoin réel. Il y a besoin de rendre nos quartiers plus propres. C’est aussi une passion, mais cela fait également partie de mon cursus universitaire.
J’ai étudié l’économie et le commerce, puis j’ai fait une spécialisation dans le domaine de l’écologie et de l’environnement. C’est donc avant tout une passion. Et cette passion est née aussi du constat qu’il existe un besoin réel dans nos quartiers. Les actions que nous menons au quotidien, ce sont principalement des actions de nettoyage des drains, des rivières polluées, des endroits où se trouvent des décharges sauvages dans les quartiers. Le nettoyage a un objectif précis : montrer l’après, montrer aux populations qu’il est possible de vivre dans des quartiers plus propres et mieux organisés.
Qu’est-ce que vous proposez aux élus locaux qui sont en charge de ces questions, mais qui sont toujours confrontés aux mêmes problèmes ?
Je propose une réorganisation complète du système. Il faut repartir depuis le début. Il faut intégrer la valorisation des déchets. Tout le monde sait qu’il faut le faire, mais ce qui manque aujourd’hui, c’est une véritable organisation. Je propose donc de créer des aires de dépôt d’ordures aménagées. On installe souvent des bacs à ordures, mais on ne s’assure pas qu’ils sont utilisés de la bonne manière.
Je propose donc d’installer des bacs à ordures, mais surtout d’organiser tout un système de suivi avec des personnes qualifiées. On peut notamment mobiliser des jeunes bien formés qui vont contrôler le fonctionnement du système. Il faut également récupérer tout ce qui peut être valorisé : le plastique, l’aluminium, les déchets organiques qui peuvent être transformés et valorisés. Cela permettra d’avoir des zones beaucoup plus propres et mieux organisées, avec un véritable suivi. Parce que ce qui nous manque aujourd’hui, c’est le suivi. Tout ce que nous faisons doit être accompagné d’un mécanisme de suivi.
Il faut également faire un véritable travail de sensibilisation auprès des populations pour leur expliquer qu’elles n’ont plus besoin de se cacher pour jeter leurs ordures. Elles n’ont plus besoin de jeter les déchets n’importe où, parce que cela crée énormément de problèmes.
De quoi avez-vous besoin pour mener efficacement ces actions ?
Nous avons besoin de beaucoup plus de matériel, notamment de matériel élaboré et sophistiqué pour dépolluer nos rivières et nos cours d’eau avec davantage d’efficacité. Par exemple, ici, si nous devons travailler pendant deux ou trois jours, avec une petite tractopelle, nous aurions pu terminer rapidement le gros du travail. La tractopelle aurait permis de dégager rapidement les déchets et les obstacles, et nous aurions ensuite fait les finitions.
Nous avons également besoin de moyens financiers. Les personnes qui sont ici ont besoin de transport, de motivation, de nourriture et d’eau. Il faut donc réellement des fonds pour que ces actions puissent être menées dans de bonnes conditions.
Trois points clés sur l’insalubrité
Les causes :
- Saturation des systèmes de collecte
- Insuffisance de sensibilisation citoyenne
- Croissance urbaine rapide et parfois désordonnée
- Difficultés logistiques dans certains quartiers.
Les conséquences :
- Propagation de mauvaises odeurs persistantes
- prolifération de moustiques et de maladies
- pollution visuelle et dégradation du cadre de vie
- risques sanitaires pour les populations les plus vulnérables
Les solutions :
- Renforcement des infrastructures
- Education citoyenne à l’hygiène
- Recyclage et tri des déchets
- Revalorisation et transformation
- Implication des autorités et des communautés.



