Le quartier Simbock à Yaoundé a bénéficié, le 9 août 2026, d’une opération de curage de drain.
Michel Enony
Achille Tanko et son équipe à Simbock, ce 9 août 2026.
Il est 8 heures. Le soleil matinal commence à chauffer la chaussée de Simbock, quartier situé dans l’arrondissement de Yaoundé 4e. Dans ce dédale de rues, un groupe de cinq jeunes en tenue de travail s’active déjà autour d’un drain. Leur mission est de curer le conduit, situé au carrefour, obstrué par un amas de détritus. Des bouteilles en plastique, des sachets éventrés, des débris de toutes sortes. Un paysage de décharge à ciel ouvert.
Les gants enfilés aux mains, des bottes aux pieds et des masques faciaux, ils plongent dans ce mélange d’odeur acre et d’eau noirâtre. Ils piochent, tirent, soulèvent et chargent tous les déchets dans des sacs. Leurs visages sont marqués par l’effort, mais leurs sourires sont encore là. Ces bénévoles, ce sont les membres de l’association Tanko. Derrière cette opération de terrain se trouve Achille Tanko, environnementaliste camerounais qui a décidé de se battre contre l’insalubrité. « Nos villes ont atteint un tel niveau d’insalubrité inquiétant. Je continuerai à le dire. On doit agir en amont avant que les décharges ne se multiplient dans nos rues », lance-t-il.
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Il ne s’agit pas seulement de ramasser, mais de sensibiliser, de convaincre. Un téléphone est fixé sur sa lain, à quelques mètres du drain. Achille Tanko est en direct sur TikTok. Il filme la scène, commente l’avancée des travaux, interpelle les internautes.« Regardez ce qu’on récupère ici. Et pendant que nous travaillons, des gens viennent toujours déverser leurs déchets », déplore-t-il dans la caméra en montrant un individu sur le point de balancer son sac. De messages de soutien affluent sur l’écran. « Bravo les gars ! Vous êtes de vrais soldats de l’hygiène et la salubrité publique », encourage Samuel Patrick, followers.
Il appelle les Camerounais à se mobiliser, à ne plus détourner le regard. Il fait un double travail : les bras dans la boue, la voix sur les réseaux sociaux. Une façon de porter le combat au-delà des frontières de ce quartier. Sur le terrain, il ne s’arrête pas à la seule collecte. Il prend le temps d’échanger. Une habitante s’approche, observe. « Ce drain est bouché depuis des mois, à chaque grosse pluie c’est l’inondation », se plaint-elle. Achille Tanko la rassure, lui explique l’importance de ne plus jeter ses ordures dans les caniveaux.
À Yaoundé, environ 2 500 tonnes de déchets sont produites chaque jour dans la capitale camerounaise. Les dépôts sauvages pullulent. Face à cette urgence sanitaire et environnementale, l’association Tanko veut mobiliser le plus de Camerounais pour venir à bout du fléau.



