Les membres du Groupe de travail dédié à cet effet, se sont réunis les 10 et 11 août 2026 à Douala pour, entre autres, s’approprier l’état d’avancement et les conclusions de certaines initiatives en la matière.
Michel Ferdinand
Les acteurs d’un changement de paradigme !
La prospérité économique de la sous-région Afrique centrale dépend en partie de la gestion durable des forêts. Puisque les ressources forestières, halieutiques et fauniques bien gérées peuvent avoir un impact significatif sur la vie des communautés, ainsi que sur le niveau de développement des pays de ladite sous-région. C’est dans le but de renforcer la gouvernance de ces ressources que le Groupe de travail sur la gouvernance forestière (Gtgf) de la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac) s’est réuni du 10 au 11 août 2026 à Douala.
Une treizième réunion qui a permis aux représentants des pays membres, d’analyser les résolutions de la 21e session du Forum des Nations unies sur les forêts (Fnuf) tenue du 11 au 15 mai 2026 à New-York aux États-Unis et de s’approprier le niveau d’avancement des conclusions des initiatives en faveur du renforcement de la gouvernance forestière en Afrique centrale. « L’enjeu qui nous réunit dépasse le cadre d’une réunion technique. Selon le rapport d’évaluation sur les ressources forestières mondiales, publié en octobre 2025 par la FAO, les forêts couvrent aujourd’hui 4,14 milliards d’hectares, soit 32 % de la surface terrestre du globe. Le rythme de la déforestation, bien qu’en net ralentissement, demeure élevé : il est passé de 17,6 millions d’hectares par an dans les années 1990 à 10,9 millions d’hectares par an au cours de la dernière décennie », précise le représentant de la FAO au Cameroun, Antonio Querido. Il indique par ailleurs que « le rapport 2026 sur les objectifs mondiaux relatifs aux forêts, publié cette année par les Nations unies et examiné lors de la 21e session du Fnuf, invite à la lucidité sur le chemin qu’il nous reste à parcourir ». Car, sur les 26 cibles du Plan stratégique des Nations unies sur les forêts 2017-2030, 7 seulement sont aujourd’hui largement atteintes, et 17 ne le sont que partiellement. Il y a donc lieu d’agir.
Pendant ce temps, il se pose aussi un problème de gestion des ressources halieutiques, celui de la non-application des recommandations formulées. « Il faut qu’il y ait cohérence, qu’il y ait entente, qu’on parle d’une seule voix. Parce que les ressources halieutiques n’ont pas de limites. On ne peut pas dire au poisson de se limiter au Gabon ou au Cameroun. C’est pour cela que la gestion des ressources halieutiques doit se faire ensemble. Ensemble, des États doivent prendre des décisions et surtout les respecter », plaide la directrice des ressources halieutiques et de l’aménagement des pêcheries de la République du Congo, Roseline Blanche Akenze.
Les défis se posent également en termes de conservation, de changement climatique et de déforestation élevée. Dans ce chapitre, il faut reconnaître avec M. Chouaibou Nchoutpouen, secrétaire exécutif adjoint de la Comifac et coordinateur technique, par ailleurs représentant du secrétaire exécutif de la Comifac à ces assises, que « les changements d’utilisation des terres, les pressions croissantes sur les ressources naturelles, la nécessité de concilier conservation et développement économique, les attentes légitimes de nos populations, la création d’emplois, le développement des chaînes de valeur, les besoins de financement ainsi que les nouvelles exigences liées aux engagements internationaux nous obligent à renforcer continuellement nos systèmes de gouvernance ». Bref, pour lui, « la gouvernance forestière ne peut donc plus être considérée comme une question essentiellement administrative ou technique ».
Pour y parvenir, l’Afrique centrale doit parler d’une seule voix dans les instances internationales. Tout comme elle doit passer de l’étape des engagements à celle des résultats. Ce qui, parallèlement, aura l’avantage même de positionner ce Groupe de travail sur la gouvernance forestière.



