Honorable Serge Benae : Le projet Madola doit devenir le socle de notre unité et de l’avenir de notre jeunesse.

 

Député de la Nation, Elite et fils Batanga, il analyse l’impact du “projet Madola” à long terme.
 
Lazare kingue
 
 
Comment avez-vous apprécié cette célébration mémorielle à laquelle vous avez pris part ?
 
J’ai assisté à une cérémonie marquée par des
temps forts articulés autour de plusieurs axes essentiels. Le premier est le devoir de mémoire. Il est fondamental de ne pas oublier ceux qui ont versé leur sang pour refuser la colonisation et défendre notre souveraineté. Le roi Madola fait partie de ces figures qui ont incarné la résistance et la dignité de notre peuple. Le deuxième axe est la transmission. Cette cérémonie nous oblige à raconter l’histoire aux générations futures, à leur parler des sacrifices consentis par nos héros. Nos enfants doivent savoir d’où ils viennent pour savoir où ils vont. Enfin, il s’agit de réveiller les consciences. Nous avons rappelé que la liberté et l’indépendance ont un prix. Ce prix, c’est le sang, la lutte et l’engagement. Aujourd’hui, notre responsabilité est de protéger cet acquis. Protéger notre culture, protéger notre territoire et protéger la cohésion entre les fils Batanga.
 
Que pensez-vous du projet Madola annoncé par sa Majesté? Comptez-vous y participer ?  
 
J’accueille ce projet avec beaucoup d’enthousiasme et de fierté. L’Observatoire voulu par Sa Majesté Edongue James sera un véritable tableau de bord pour les communautés Batanga. Sa mission consistera à identifier les problèmes qui freinent l’évolution de notre jeunesse et recenser les préoccupations de la communauté. Ensuite, proposer des recommandations concrètes aux décideurs, aux administrations et aux partenaires au développement. Cet outil rendra nos prises de décisions plus transparentes et plus efficaces, pour permettre aux jeunes de prendre toute leur place dans le développement. C’est donc un projet fédérateur et nous sommes dans l’obligation morale d’y prendre part, chacun à la hauteur de sa contribution, au regard de ses objectifs qui consistent à appeler à l’unité et renforcer la cohésion sociale. Dans le contexte actuel, avec la transformation de notre environnement vital par l’industrialisation du port et toutes ses conséquences, nous n’avons pas le droit à la division. Le projet Madola doit devenir le socle de notre unité et de l’avenir de notre jeunesse.
 
 Des jeunes, à travers des prestations scéniques et des poèmes, ont d’ailleurs lancé un appel à la refondation des valeurs, et à la cohésion de tous pour un grand peuple Ndowe… 
 
C’est justement ce que je disais plus haut. Cet appel des jeunes m’interpelle profondément et me réjouit. À travers le théâtre et la poésie, ils nous disent une chose simple : il faut refonder notre socle commun de valeurs. Le message qu’ils nous ont passé nous invite à se défaire de nos divisions, donner un sens au sacrifice de nos martyrs et regarder dans la même direction. Un peuple qui ne s’entend pas sur ses valeurs ne peut pas avancer. Leur sollicitation concernant l’accompagnement s’inscrit dans une dynamique que nous devons saisir ensemble. Le Chef de groupement l’a dit : il faut créer des incubateurs pour les créateurs de richesses, financer des bourses pour l’éducation et la formation. L’objectif est de capitaliser les talents de notre jeunesse. Il ne faut plus les laisser partir à l’aventure ou se perdre. Nous devons leur offrir des opportunités ici, chez eux. Si nous réussissons ce passage de témoin, alors le peuple Ndowe sera grand, uni et prospère.