Bongahele-kribi : Hommage au Roi résistant Madola Ma Dimale

Le 8 août 2026, le grand peuple Ndowe a honoré la mémoire de son guide exécuté par pendaison en 1914 par les allemands, aujourd’hui, Martyr national.
 
Lazare kingue 
 
Rituel sur le mausolée.
 
A Bongahele, banlieue côtière de Kribi, le grand peuple Ndowe ( constitué des Batanga Lohove, Batanga Bapuku et les Batanga ba Nda) n’a pas dérogé à sa coutume de célébrer sa figure de proue. Samedi 8 août 2026, une importante solennité a rassemblé les habitants devant le mausolée du défunt assassiné par les colons allemands, il y a 112 ans. Parmi les présents, le chef supérieur Batanga Sud sa Majesté Edongue James, le député Serge Benae et le gouverneur du Littoral Ivaha Diboua, descendant lignaire du martyr national. Deux aspects ont été mis en exergue pendant la cérémonie. D’abord le volet culturel et artistique ancré de tradition et mystique.

Ici, trois représentations scéniques ont marqué l’hommage rendu au Roi Madola. Notamment le poème “Racines et Renaissance ». Il a retracé l’histoire d’un peuple meurtri par la dépossession et la répression, jusqu’à sa reconstruction. Expression du deuil avec les chants graves et des percussions lourdes. De la peur avec des rythmes syncopés. Du chagrin collectif avec des lamentations et une danse funèbre. Enfin, de la reconstruction et de l’espérance ouvrant sur la joie avec les rythmes légers Besibwa et la danse libératrice Mbaya. Au-delà de la dramaturgie, le spectacle a servi comme une archive vivante. Il a réactivé chants et danses ancestrales pour préserver l’identité et inspirer une résistance culturelle. Le poème « Le Poids du Hamac » quant à lui est venu compléter cet hommage. Les deux narrateurs y portent le hamac du Commandant comme métaphore du fardeau colonial, fait de souffrances et d’humiliations. Puis ils se déposent du poids et se redressent : c’est la mémoire des résistances de Manga Bell et Madola qui se transforme en promesse d’un avenir digne.
 
Projet Madola
 
Sa Majesté Edongue James, coordinateur de l’événement, a transformé la commémoration du Roi Wilhelm Madola en un projet de développement articulé autour de trois outils : l’Observatoire, les Prix et le Label, afin de faire de la mémoire un levier pour la jeunesse et la cohésion. Pour lui, il ne s’agit pas de célébrer un passé figé dans le livre d’histoire mais de faire vivre un héritage et d’en faire une force capable de répondre aux défis de notre temps. L’ambition dépasse la cérémonie annuelle. « Nous voulons bâtir une institution, créer un mouvement et installer une dynamique durable capable d’accompagner les générations futures ».

C’est dans cette logique que « le projet Madola” voit le jour. Il repose sur trois axes: la valorisation des talents, pour faire du nom de Madola un repère pour la jeunesse, un symbole d’ambition, de réussite et d’excellence. La création de richesses et d’emplois via l’entrepreneuriat, la transformation des produits locaux, la pêche et le tourisme culturel afin de transformer les traditions en opportunités économiques concrètes. Enfin, le renforcement de la cohésion sociale car « une communauté divisée s’affaiblit. Une communauté unie se développe. L’unité demeure notre première richesse » a martelé Edongue James. Pour concrétiser le projet, trois outils seront mis en place: l’Observatoire Madola, présenté comme un véritable laboratoire de développement territorial chargé d’accompagner les porteurs de projets et de tisser des partenariats. Les Prix Madola qui distingueront chaque année le mérite, l’innovation et la solidarité, avec à la clé un accompagnement concret. Enfin le Label Madola, une marque d’excellence reconnue qui ne sera accordée qu’aux initiatives à impact réel et durable.