Hervé Rostand Pibou : Plusieurs bâtiments sont debout, mais invivables

L’architecte salue l’action du maire de la ville de Douala et l’invite à ne pas se concentrer uniquement sur la partie structurelle des bâtiments.

Blaise Djouokep

 

Dans un communiqué publié lundi 3 août 2026, le maire de la ville de Douala annonce avoir recensé 31 bâtiments menaçant ruine. Quelle lecture l’architecte que vous êtes fait de cette situation ?

Sur la forme, c’est une très bonne initiative. C’est à féliciter. Il faut avoir un état des lieux si on veut agir. Dans le fond, 31 immeubles menaçant ruine, pour moi, c’est très peu quand on voit la ville de Douala. Il faut poursuivre les recherches. Il ne s’agit pas seulement de rechercher les immeubles qui risquent de tomber. Il ne faut pas se concentrer seulement sur la partie structurelle. Il y a des immeubles qui sont debout, mais invivables. Il y en a qui ont des problèmes de plomberie, de moisissures ou des risques forts en termes d’électricité. Et après, il faut agir. Il faut que, soit  sur les bâtiments qui ont des problèmes structurels graves, que les promoteurs prennent des mesures pour que le bâtiment reste debout, soit pour les bâtiments qui  ont des problèmes de fluide, de plomberie, de remontée capillaire ou de ventilation, qu’on force les propriétaires à faire des travaux correctifs.

A partir de quel moment un bâtiment représente-t-il un danger ?

Il faut analyser un bâtiment sous plusieurs prismes. Le premier élément c’est sur sa structure, où on voit des fissurations, affaissements. Et quand on a ces petits signes visuels, il faut pousser le contrôle. Il y a des bureaux de contrôle technique, des bureaux d’études techniques, des ingénieurs et architectes.

Par contre, il y a des bâtiments qui sont de véritables dangers sur le plan de l’énergie, aucun respect des normes, de même sur le plan des fluides avec la plomberie et le passage des tuyauteries ; ou de part leur conception avec des fenêtres mal orientées, pas de ventilation. Ça crée des problèmes de respiration.

Que faut-il faire pour donner à Douala le visage d’une ville moderne à l’image des certaines villes africaines ?

La première chose à faire, c’est planifier. On a une ville qui est dans un état de délabrement sérieux. Définir des plans d’aménagement clairs. Pousser les bâtisseurs et promoteurs à respecter les normes. Après la délivrance du permis de bâtir, suivre ce qui est exécuté.

 

Quelques mesures de la Cud

–          La réalisation des constats techniques et expertises nécessaires ;

–          La mise en œuvre des prescriptions de sécurisation ;

– L’évacuation immédiate des bâtiments présentant un danger imminent ;

– L’apposition des scellés ou de toute autre mesure conservatoire destinée à prévenir les risques ;

– La démolition des ouvrages déclarés irrécupérables ou dont les propriétaires n’auront pas exécuté les prescriptions administratives dans les délais impartis conformément à la réglementation en vigueur.