Situation des communes : SOS dialogue

Les Cvuc engagent une réflexion collective destinée à alimenter les propositions que le gouverment attend pour améliorer le fonctionnement des collectivités territoriales décentralisées.

Jean De Dieu Bidias

Le malaise des communes remonte à la surface. À l’initiative de l’Association des Communes et Villes Unies du Cameroun (Cvuc), plusieurs maires se sont retrouvés à Yaoundé, le 04 août 2026, pour élaborer une contribution destinée au gouvernement, dans le prolongement des orientations données par le Premier ministre lors de la dernière session du Conseil national de la décentralisation, le 10 juillet 2026. Pour le président des Cvuc, Augustin Tamba, cette rencontre répond à une responsabilité institutionnelle. « L’enjeu de cette réunion est de mobiliser les maires afin d’apporter une contribution significative aux instructions du Premier ministre », explique-t-il. L’objectif est de formuler des propositions concrètes qui viendront enrichir le document que le ministre de la Décentralisation et du Développement local est chargé de préparer pour améliorer le fonctionnement des communes.

Afin de garantir une lecture fidèle des réalités du terrain, les Cvuc ont retenu en moyenne trois maires par région, représentant les différentes zones écologiques du pays. « Nous avons choisi, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, des représentants des différentes réalités locales afin de produire une contribution transversale et complète », souligne Augustin Tamba. Une démarche qui, selon lui, doit permettre d’identifier des solutions adaptées aux difficultés communes à l’ensemble des collectivités. Au cœur des échanges, le constat d’une situation financière de plus en plus préoccupante. Sans parler d’une crise généralisée, le président des Cvuc reconnaît que « plusieurs difficultés entravent aujourd’hui le bon fonctionnement des communes ». En effet, les tensions de trésorerie, aggravées par un contexte économique difficile, limitent actuellement les capacités d’action de nombreuses municipalités.

Les conséquences sont concrètes. Paiement irrégulier des salaires des agents municipaux, communes en situation d’insolvabilité, comptes bancaires bloqués à la suite de procédures engagées par des institutions publiques, ou encore contraintes fiscales jugées excessives, sont autant de difficultés qui pèsent sur la gestion quotidienne des collectivités. Pour Augustin Tamba, ces problèmes ne peuvent être résolus sans un échange franc avec les pouvoirs publics. « Nous souhaitons ouvrir un dialogue avec le gouvernement et enrichir les échanges en formulant des propositions concrètes, susceptibles d’aider l’État à accompagner davantage les collectivités territoriales décentralisées », affirme-t-il. Il insiste sur le fait que les communes ne se placent pas dans une logique de revendication, mais de partenariat avec l’État. À travers cette concertation, les Cvuc entendent ainsi jouer pleinement leur rôle de force de proposition. « Nous sommes des interlocuteurs du gouvernement. Notre rôle est de soutenir l’action publique en proposant des solutions concrètes pour aider les communes à surmonter leurs difficultés », conclut Augustin Tamba.