Le Mutant
L’évangélisme aurait-il fait mieux, en matière d’annonce messianique, que les hommes de cour et les violoncellistes du Grand rassemblement national, psalmodiant à hue et à dia ? Rien de moins pour que le peuple en redemande. Qu’advient-il donc du Premier d’entre nous, parti depuis Mathusalem pour un « court séjour », selon la grammaire très consacrée de la liturgie officielle ? Dans les salons lambrissés, les thuriféraires y mettent leur plus grosse louche de cire.
Sauf que le « court séjour » prend désormais des allures de long-courrier sans escale. Et que le retour au bercail de « l’homme du 6 novembre » commence à ressembler furieusement à la Parousie, le retour du Barbu le plus célèbre de l’Histoire : il reviendra, c’est écrit. Mais nul ne connaît ni le jour, ni l’heure.. Gloire à Dieu, le dogme, lui, demeure immuable : il viendra !
Paul revient bientôt. Dans un mois, deux ans ou cinq. D’Etoudi à l’Intercontinental, en passant par le Mincom-parleur, le même chœur résonne : il revient bientôt ! Quand ? Par quel vol ? En quelle forme ? Prière de ne pas poser de questions païennes. Bref, Paul revient bientôt. Alléluia, les
mains ! Point à la ligne. Circulez, volatiles d’infortune et corbeaux de mauvais augure! Chantez, croassez, beuglez à l’envi : notre foi est plus solide que celle du vieux Siméon. On y… Croix fortement !



