
Le voisin des victimes raconte comment il a bataillé pour sauver son ami et sa famille.
Blaise Djouokep
Le drame est arrivé tôt le matin du mercredi 05 août 2026, vers 5h45. J’ai entendu du bruit venant de l’arrière-cour. Un bruit fort, alors je me suis précipité dehors pour voir ce qui se passait. Je me suis rendu compte que la maison de mon voisin s’était complètement effondrée, complètement détruite. C’était très, choquant. On m’a demandé de me dépêcher pour voir comment je pouvais les aider.
L’un de mes voisins hurlait, tout le monde autour hurlait. C’était très confus, on ne comprenait pas ce qui se passait. Alors je suis allé directement à la fenêtre où je savais que se trouvait le salon de mon voisin pour l’appeler et savoir si quelqu’un était vivant, afin de voir comment aider. Je l’ai appelé plus d’une fois : James, mon gars, James. J’ai appelé une quinzaine de fois avant qu’il ne réponde.
J’ai ensuite dû savoir exactement où il se trouvait et essayer de voir comment l’aider à le sortir des décombres. Avec l’aide des voisins et d’autres personnes autour, nous avons lutté. Nous avons réussi à le sortir du salon et à l’amener dehors. Il nous a fait comprendre qu’il restait encore trois personnes à l’intérieur de la maison : sa fille Fanny, et sa petite sœur dont je ne me souviens plus du nom parce qu’elle venait juste passer les vacances. Il y avait aussi une parente de sa femme, qui venait également passer les vacances. Ce sont elles qui étaient coincées à l’intérieur de la maison. Nous avons lutté.
J’ai dû me battre pour faire venir l’équipe de secours du Conseil municipal de Limbe, parce que nous n’avions pas assez de moyens humains et pas tout l’équipement nécessaire pour les sortir des décombres. Nous avons creusé la terre jusqu’à leur arrivée. Mais il était déjà tard. Seul le père, M. James Medard, a pu être sauvé. Fanny May est décédée. Elle avait 14 ans. Et la petite sœur de mon ami. Elle avait environ 32-34 ans. Et une parente d’environ 25 ans a aussi perdu la vie. Les corps sont actuellement à la morgue de l’Hôpital Régional de Limbe. C’est vraiment très douloureux. Nous avons tout fait pour les sauver. Mais nous n’avons pas pu.



