
À travers l’intégration des documents de planification urbaine et territoriale, le projet Plateforme urbaine au Cameroun entend promouvoir le financement de projets mieux conçus, cohérents avec les besoins des territoires.
Rebara Habra
Construire une école sans route d’accès ou financer un marché dépourvu d’électricité. Ces incohérences dans la mise en œuvre des projets locaux sont dans le viseur d’Expertise France. Réunis à Yaoundé le 5 août 2026, dans le cadre de l’atelier sur l’intégration des documents de planification urbaine et territoriale dans l’accompagnement et le financement des projets des collectivités territoriales décentralisées (Ctd), des responsables du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom) ont été
invités à repenser leur approche du financement du développement local.
Selon les données présentées lors de cette rencontre, 58,7 % de la population camerounaise vivait déjà en milieu urbain en 2022. Cette dynamique se poursuit à un rythme annuel estimé à 3,6 %, soit le double de la moyenne mondiale évaluée à 1,8 %. Si cette tendance se maintient, près de 73 % des
Camerounais pourraient vivre en ville à l’horizon 2050, accentuant davantage les besoins en infrastructures, en logements et en services de base. Organisée dans le cadre du projet Plateforme urbaine au Cameroun, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, cette formation vise à mieux intégrer les documents de planification urbaine et territoriale dans l’accompagnement des collectivités territoriales décentralisées.
Pour les organisateurs, il ne s’git plus de financer des infrastructures de manière isolée, mais de promouvoir des projets inscrits dans une vision globale du développement des territoires. « L’objectif est de renforcer les capacités des cadres du Feicom chargés de la conception, du financement, de la maturation et de l’exécution des projets afin de garantir leur cohérence avec les documents de planification », explique Murielle Teguel Bissek, représentante d’Expertise France au Cameroun. Cette démarche répond à un constat établi à l’issue d’;une revue du cadre normatif du développement urbain et de l’aménagement du territoire, conduite pendant près de deux ans avec les administrations publiques et les organisations de la société civile. Le diagnostic a mis en évidence un déficit de capacités techniques, mais également des difficultés de financement qui freinent la mise en œuvre d’un
développement territorial cohérent.
Les études présentées lors de l’atelier révèlent par ailleurs que le Cameroun accuse un déficit d’environ 2,5 millions de logements, tandis que 70 % du tissu urbain est constitué de quartiers sous-structurés et sous-équipés. Sur le plan économique, 80 % des emplois urbains relèvent du secteur informel, illustrant les difficultés des villes à créer suffisamment d’emplois structurés pour absorber une population en constante augmentation



