
La partie civile réclame l’ouverture d’une enquête pour identifier les auteurs de cet enregistrement et dénonce une manœuvre d’intimidation visant ses avocats.
Rebara Habra
La diffusion sur les réseaux sociaux d’extraits d’audience continue d’alimenter les tensions autour du procès de l’affaire Martinez Zogo. À l’issue des audiences des 3 et 4 août 2026, Maître Calvin Job, l’un des avocats de la partie civile, a fermement rejeté les accusations selon lesquelles certains conseils auraient enregistré les débats pour les transmettre à des lanceurs d’alerte. L’avocat explique avoir été alerté dès la veille par la capture d’écran d’un message publié sur une chaîne attribuée à l’un des accusés ( Jean Pierre Amougou Belinga), affirmant que des membres de la partie civile étaient soupçonnés d’être à l’origine de la fuite d’enregistrements de l’audience. Le lendemain, il découvre sur les réseaux sociaux la diffusion du contre-interrogatoire d’un avocat, avant d’apprendre que son propre interrogatoire aurait également été transmis et qu’il serait lui-même soupçonné d’en être l’auteur.
Pour Maître Calvin Job, cette situation soulève de sérieuses interrogations. Il s’étonne notamment qu’une information aussi sensible ait été relayée en primeur par un canal présenté comme proche de l’un des accusés. Une circonstance qui, selon lui, interroge sur le fonctionnement de la procédure et nourrit des doutes quant à la sérénité des débats. L’avocat rejette catégoriquement toute implication de la partie civile dans ces fuites. « Lorsque nous avons quelque chose à dire, nous le faisons devant le tribunal. Nous ne passons pas par des lanceurs d’alerte », affirme-t-il. Il rappelle que des pièces du dossier avaient déjà circulé au début du procès sans que cela ne donne lieu à une enquête ou à des poursuites.
Face à ces nouvelles accusations, la partie civile entend saisir officiellement le tribunal afin d’obtenir l’ouverture d’une enquête destinée à identifier l’auteur de l’enregistrement et de sa diffusion. Pour Maître Calvin Job, il s’agit de mettre fin à ce qu’il considère comme une tentative d’intimidation visant
les avocats de la partie civile. Interrogé sur les arguments de procédure soulevés par certains avocats de la défense, qui évoquent de possibles irrégularités susceptibles d’entraîner la nullité de certains actes, notamment l’interpellation de certains accusations, Maître Calvin Job estime que ces critiques ne tiennent pas compte du cadre juridique de l’enquête. Selon lui, les investigations ont été conduites dans le contexte d’une procédure de flagrance, laquelle autorise des actes d’enquête immédiats afin de préserver les preuves de l’infraction.
À ses yeux, les irrégularités invoquées ne sont pas de nature à remettre en cause l’ensemble de la procédure ni à conduire à la libération des accusés. Il rappelle que le Code de procédure pénale encadre ces situations et que les éventuels manquements sont examinés dans le respect des règles prévues par
la loi.



