
Réagissant aux inondations meurtrières de ce 5 août 2026 à Limbé, la ministre de l’Habitat, Célestine Ketcha Courtès, dresse un bilan provisoire de trois morts, plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels.
Ulrich Enyegue
Limbé est en deuil. Sous le poids des eaux déchaînées, la cité balnéaire a basculé dans l’horreur en l’espace de quelques heures, forçant la ministre de l’Habitat et du Développement urbain à prendre la parole. Dans un communiqué de presse, la ministre adresse d’abord « ses condoléances les plus attristées aux familles des compatriotes décédés » et souhaite une prompte guérison aux blessés. Face à l’urgence, elle exige ensuite des élus locaux et de l’administration « la mobilisation des brigades d’intervention pour la libération des zones à risque de glissement de terrain, le curage d’urgence des drains obstrués, la sécurisation des emprises publiques impactées ».
L’État pointe par ailleurs du doigt l’incivisme. Les mauvaises pratiques aggravent en effet ces drames naturels. La ministre rappelle que « d’importants investissements sont consentis par le Gouvernement, sur très hautes directives du Chef de l’État, Paul Biya, pour l’assainissement des villes ». Cependant, ces fonds publics « n’auront qu’un impact limité si les facteurs humains (anthropiques) compromettent l’efficacité des infrastructures ». Elle dénonce particulièrement « l‘obstruction des collecteurs et des caniveaux par des dépôts sauvages de déchets solides ». Le communiqué fustige enfin « l’occupation des zones inondables des cours d’eau, entravant l’écoulement des eaux pluviales ».
La météo s’annonce encore menaçante. L’exécutif exige donc des mesures radicales. Célestine Ketcha Courtès « appelle les Maires à faire respecter strictement les règles d’urbanisme ». L’objectif est clair : « prévenir l’installation des populations sur les drains et les zones non aedificandi ». Elle instruit également l’organisation de « campagnes permanentes de curage des drains et autres ouvrages d’assainissement, en mobilisant notamment les Comités de quartiers, de marchés et les Organisations de la société civile ». L’heure est à la prise de conscience collective. En effet, le document avertit que « les données climatiques des mois à venir montre des niveaux élevés de risques d’inondations dans nos grandes métropoles ».



