
Le groupe emblématique prépare un single de trois titres.
Marielle Ongono
Les Têtes Brûlées n’ont rien perdu de leur énergie. En spectacle au Bois d’Ébène de Yaoundé, le 25 juillet 2026, le groupe a offert une prestation à la hauteur de sa réputation. Les spectateurs se sont laissés entraîner par des classiques tels que « Essingan », « Me bo ya », « Ma musique à moi » ou encore « Bikutsi Rock ». Si les crânes rasés et les peintures corporelles blanches, qui ont longtemps fait la marque de fabrique du groupe, étaient absents, l’esprit des Têtes Brûlées est, lui, resté intact. Aujourd’hui, le groupe ne compte plus que trois membres. « J’ai reformé le groupe avec un batteur et un bassiste. Nous sommes ensemble depuis près de trente ans et nous continuons à exercer. Nous avons déjà réalisé un album et nous sommes actuellement en studio pour préparer un single de trois titres », a confié le lead, Mingala Joss .
Déjà chanteur principal à l’époque, il décide alors de reconstruire le groupe avec de nouveaux musiciens. Malgré une déficience visuelle survenue au fil des années, il poursuit sa carrière avec la même détermination. « Quand je joue, les gens ne sentent pas que je suis déficient visuel. Je continue à travailler et vous ne serez jamais déçus », assure-t-il.
L’artiste est également revenu sur la naissance du groupe mythique du bikutsi. Selon lui, l’aventure débute en 1987 sous l’impulsion de Jean-Marie Ahanda, alors journaliste à la Crtv, avec le concours des producteurs Lanceleaux et Foty. Le titre « Essingan », propulse Les Têtes Brûlées sur la scène nationale, puis internationale. Le succès ouvre les portes de plusieurs tournées en Europe. Mais cette ascension est brutalement freinée par la disparition de Théodore Epemeen, plus connu sous le nom de Zanzibar. « Lorsque Zanzibar est décédé, c’est moi qui l’ai remplacé. Par la suite, le groupe s’est progressivement disloqué et les activités se sont raréfiées », explique Mingala Joss. Aujourd’hui, Les Têtes Brûlées poursuivent leur parcours avec une deuxième génération d’artistes. Le guitariste Atebass et le batteur André Afata ont également été remplacés. Un album est déjà achevé. Il revisite plusieurs grands succès du temps de Zanzibar. En préparation, un single, assiko secousse et bikutsi. Question de diversifier le répertoire.



