
Le prix de la botte de ce légume a doublé sur certains marchés de la capitale du fait du mauvais état des routes dans les zones d’approvisionnement .
Hermine Mekou
L’ambiance est lourde ce 1er août 2026 au marché Ekounou, arrondissement de Yaoundé 4e. Lorsqu’on y débarque à la première heure, aux rayons des légumes. Le débat laisse transparaître que le waterleaf est le sujet du jour. Debout, les mains aux hanches, Christelle Mbang, revendeuse, a donné son mot de fin. Sa botte de waterleaf se vendra à 500 Fcfa. Pas un sou de moins. De quoi faire réfléchir les deux ménagères qui attendent devant elle, l’air conciliant. « Tu ne prends pas 300 Fcfa ? », propose l’une d’entre elles. Réponse négative.
Si Christelle Mbang persiste et signe sur son prix, c’est que, dit-elle, le « waterleaf est difficile à trouver en cette période au marché. Les grossistes sont très rares actuellement et, apparemment, ceux qui parviennent à arriver au marché se plaignent du mauvais état des routes dû aux pluies . » Or, le waterleaf, forme d’épinard, se nourrit fortement d’eau. D’ailleurs, les périodes propices à sa culture se retrouvent en saison des pluies. Une ambiance similaire est enregistrée au lieu-dit marché Carrière. « Mais, pourquoi le waterleaf a diminué ? », demande une cliente. Et la revendeuse de répondre : « Madame, est-ce vous voyez d’abord ça ? Le peu qu’il y a, on gère avec. C’est pourquoi la quantité de botte de waterleaf a diminué. On va faire comment ? Les grossistes ont du mal à transporter la marchandise avec les pluies. Le peu qu’on a, on fait tout pour vous approvisionner, même si le prix a un peu augmenté ».
Comment consoler les ménages qui en demandent plus, alors que le précieux produit pourrit dans les champs ? La faute aux moyens de transport devenus rares en cette saison pluvieuse. C’est un véritable calvaire pour les consommateurs. Jeanne Andanwe, ménagère, exprime son mécontentement . « C‘est quand même bizarre que tout tourne en rond. Chaque jour dans nos marches, tu dors. Et lorsque tu te réveilles, il y a un nouveau dossier. Si ce n’est pas x produit qui manque, c’est Y autre qui est cher. Si ce n’est pas un problème de production, c’est un problème de saisons. Maintenant, c’est au tour du waterleaf. Pourtant, nous sommes en pleine saison de pluies et la production est censée être bonne ».
A côté d’elle, la prénommée Séraphine ajoute : « Nous espérons que dans quelques jours cette situation va s’arranger, parce que si ça perdure, ce sera compliqué. On fait comment pour cuisiner le « eru » sans ce légume ? C’est terrible ! », s’exclame-t-elle.



