Affaire Charlotte Meyo : Les coulisses de l’assassinat de l’ancienne employée du ministère de l’Environnement

Le présumé assassin et son complice

Georges Kamdjo, principal suspect dans cette affaire, demande pardon à Dieu ainsi quà la famille de la défunte.

Par Rebara Habra

La voix est hésitante, presque étouffée. Les mains tremblent. Le regard fuit. Le visage reste fermé. Devant les enquêteurs, les journalistes et les curieux, Georges Kamdjo peine à  trouver les mots. À 54 ans, l’homme semble mesurer le poids des accusations qui pèsent sur lui. Conscient de la gravité des faits qui lui sont reprochés, il laisse  éclater ses remords : « Je demande pardon à Dieu et à la famille. Je demande pardon. Pardonnez-moi, s’il vous plaît », souffle-t-il. Georges Kamdjo et Alain Bruno Dongmo, 49 ans, ont été présentés au public comme les auteurs présumés de l’assassinat de Charlotte Meyo, ancienne cheffe du bureau du courrier au ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable. « Nous n’avons même pas les mots pour comprendre ce qui s’est passé », confie le lieutenant-colonel Njeudjo Penda Madeleine, cheffe du Service des recherches judiciaires et de la lutte contre le grand banditisme de la Première Région de gendarmerie.

 Elle rappelle que le 6 juillet 2026, les enquêteurs sont saisis par la famille de la victime, sans nouvelles d’elle depuis le 30 juin. Absente de son lieu de travail comme de son domicile, Charlotte Meyo est introuvable. Les premières investigations conduisent les gendarmes vers le centre de santé Riva Riva, à Kondengui. Les enquêteurs apprennent que la victime s’y était rendue pour des malaises et y avait reçu des soins. Son état ne s’améliorant pas, elle se tourne ensuite vers Georges Kamdjo, présenté comme un praticien du quartier, afin de poursuivre son traitement. À partir de ce moment, plus aucun signe de vie. Au même moment, Georges Kamdjo disparaît. Il abandonne son domicile et cesse toute activité. Cette fuite oriente rapidement les investigations. « Nous avons mobilisé l’ensemble de nos agents ainsi que tous les moyens de renseignement à notre disposition afin de le retrouver », explique le lieutenant-colonel Njeudjo Penda Madeleine.

Les recherches aboutissent à son interpellation à Misso, dans le département d’Ambam, avec l’appui du commandant de compagnie de cette localité. Placé en garde à vue, le suspect livre une première version des faits. Selon les enquêteurs, il reconnaît avoir porté les coups mortels à Charlotte Meyo avant de solliciter l’aide de Dongmo, un chauffeur de taxi, pour faire disparaître le corps. Tous deux l’auraient transporté jusqu’à Atok, où il aurait finalement été immergé dans la rivière Foumou. La dépouille sera retrouvée près de vingt jours plus tard.