Un plan d’action a été élaboré pour améliorer leur intégration dans les interventions de lutte contre cette maladie dès 2024.

Par Guy Martial Tchinda
Les orphelinats basés dans les aires de santé de Banguè et Cité des Palmiers à Douala n’ont toujours pas reçus de moustiquaires imprégnées d’insecticide dans le cadre de la campagne de distribution gratuite organisée par le pays depuis 2023. Il en est de même pour les autres organisations d’encadrement des personnes socialement vulnérables. Ce constat de la plateforme CS4ME (Société civile pour l’élimination du paludisme), n’épargne aucune région du pays. Ces structures ont-elles été oubliées ou simplement ignorées ? Difficile à dire. Mais « nous nous sommes rendus compte après plusieurs consultations au niveau communautaire avec les personnes vulnérables que les personnes issues des centres sous la charge du ministère des Affaires sociales (Minas) n’étaient pas toujours prises en compte dans les grandes interventions de lutte contre le paludisme », regrette Fidèle Bemadoum de Impact santé Afrique.
Une situation somme toute préoccupante puisque cette cible subit aussi les affres de cette maladie qui demeure un problème de santé publique au Cameroun, avec des millions de cas et de milliers de décès chaque année. Il faut donc « assurer l’accès de tous aux interventions de lutte contre le paludisme. Il ne devrait pas avoir de cible mineure. Malheureusement, on a souvent tendance à oublier cette cible qui a des difficultés à être atteinte », rappelle Oumarou Ngambè, chef section communication au programme national de lutte contre le paludisme.
Pour remédier à cette situation, Impact santé a organisé un atelier du 5 au 6 novembre dernier à Soa, banlieue de Yaoundé, pour l’élaboration du plan d’action 2024, en vue d’une meilleure prise en compte des personnes socialement vulnérables dans la lutte contre le paludisme au Cameroun. « Désormais, les personnes socialement vulnérables font désormais partie intégrante du programme de lutte contre le paludisme. Elles ne sont plus laissées de côté. Les personnes âgées ou handicapées vont désormais bénéficier des interventions, avec notamment les intrants qui seront distribués dans les structures d’encadrement », explique Rachel Sylvie Edimo Mbappe, déléguée régionale des Affaires sociales pour le Centre.
Pour Noé Théodore Ngué, chef de la cellule de suivi au Minas, cette rencontre arrive à point nommé car, « le paludisme crée ou amplifie les vulnérabilités, les formations sanitaires qui offrent des soins ne sont pas toujours adaptées, du point de vue de leur accessibilité architecturale… autant d’entraves qu’il est important de lever pour atteindre les objectifs nationaux que le pays s’est fixé», explique-t-il.



