Le renouvellement des organes dirigeants de l’Ordre national des médecins du Cameroun aura lieu ce 9 décembre à Yaoundé. L’élection qui cristallise toutes les attentions met en lice sept candidats au poste du président du Conseil de l’Ordre. Voici ce que propose les différents candidats pour un Ordre toujours plus dynamique.
Dossier coordonné par Guy Martial Tchinda
Dr Olga Yvonne Bassong : Une dame de fer pour restaurer l’Ordre

Par Saydou Sadjo
Seule femme en lice pour cette élection, Dr Olga Yvonne Mankollo epse Bassong est médecin spécialiste en santé publique option épidémiologie et biologie clinique. Elle est à la fois titulaire d’un doctorat en médecine obtenu au Centre universitaire des sciences de la santé (Cuss), d’un diplôme de spécialisation en biologie clinique obtenu à la Faculté de médecine et des sciences biomédicales de Yaoundé, d’un Master en santé publique de l’Université d’Anvers-Belgique et d’un diplôme
d’Épidémiologie à l’Université de Copenhague au Danemark.
Consultante indépendante auprès de nombreuses organisations internationales, la coordinatrice des masters en santé publique, option épidémiologie, à l’Université catholique d’Afrique centrale veut réorganiser la médecine camerounaise. Elle a pour ambition de mener le plaidoyer pour l’augmentation du quota de recrutement des médecins
dans la fonction publique. Outre cela, Olga compte explorer des opportunités d’emploi des jeunes médecins aussi bien dans le secteur privé laïc, confessionnel que dans les organisations nationales et internationales.
Sereine quant au scrutin à venir, sa profession de foi porte haut les médecins. Pour la protection de ses pairs, le médecin spécialiste en santé publique option épidémiologiste et biologiste, s’engage à veiller au respect de l’éthique et la déontologie médicale ainsi qu’à l’application des mesures de sécurité et de protection du médecin dans l’exercice de
ses fonctions. Pour l’insertion professionnelle des jeunes médecins, la
consultante indépendante en santé publique, militera pour l’accompagnement des jeunes confrères dans des initiatives
entrepreneuriales notamment la mutualisation des moyens pour
l’installation en clientèle privée.
Dr Rodolphe Fonkoua : Lutter contre le chômage chez les médecins

Par Sintia Dounang
Le Dr Rodolphe Fonkoua, candidat à la présidence du Conseil de l’Ordre national des médecins du Cameroun est le président directeur général de la polyclinique Idimed. Pour sa campagne d’accession à la tête decette instance, le Dr a des chantiers bien précis. Il compte essentiellement œuvrer pour une meilleure intégration des jeunes médecins dans l’environnement professionnel et lutter contre le chômage. L’autre chantier est la protection du médecin dans l’exercice de ses fonctions. Ceci passe par une veille de la mise à jour annuelle du tableau de l’Onmc en mars ; l’assistance juridique aux collègues attaqués dans l’exercice de leurs fonctions ou traduits en justice.
Également, compte-t-il organiser de façon régulière, des journées médicales au Cameroun. Il propose par ailleurs la numérisation des procédures avec possibilité de suivi des fichiers.
Le Dr Rodolphe Fonkoua est né en zn 1953 à Douala. Titulaire d’un baccalauréat D, il est diplômé de la faculté de Médecine d’Abidjan et titulaire d’une Licence en théologie à l’Institut des Sciences religieuses
de l’Université Catholique de Douala. Il a été directeur médical à la clinique de Koumassi à Douala de 1984 à 1992 et a travaillé pour du Conseil de l’Onmc pendant plus de 25 ans.
Dr Jean Berthelot Zambo : Le panseur des plaies des médecins

Par Désiré Domo
Il n’y a pas que l’État du Cameroun qui a opté pour la décentralisation. Même à l’Ordre national des médecins du Cameroun (Onmc), l’idée passe. C’est d’ailleurs l’une des ambitions du Dr Jean Berthelot Zambo, si le corps des médecins votants vient à lui confier les rênes de l’Onmc dont il est candidat à la présidence. De prime à bord, celui qui se présente comme le candidat du rassemblement et de la protection du médecin camerounais ne va pas du dos de la cuillère pour présenter les raisons qui sous-tendent son ambition de diriger l’Onmc. Car pour lui, pour avoir une institution sérieuse et puissante, il estime que la réussite passe par « la décentralisation de l’Onmc et la responsabilisation des médecins à la base, partant des régions jusqu’aux départements».
Pour y arriver, avec lui bien-sûr à la tête de l’organisation, il faut un président travailleur et organisateur. Les qualités dont ils disposent. Il faut également un président réaliste qui protège les siens à la tête de l’ordre national des médecins du Cameroun. Une atout dont il dispose.
«Nous tenons à la liberté liée à l’exercice de notre art et souhaitons qu’elle soit respectée. Nous désirons l’amélioration de l’offre de services de santé et celle de la qualité de la formation tant en médecine générale qu’en spécialisation», réclame-t-il.
En outre, le Dr Jean Berthelot Zambo entend être le président qui libère
et innove au moment où l’intégration des médecins à la Fonction publique n’est plus automatique. Le chirurgien entend en somme donner une chance à chaque médecin de se recycler et de grandir dans la profession, lequel, le médecin de santé publique invite à s’acquitter de ses cotisations annuelles dans sa profession de foi.
Pr Noel Emmanuel Essomba : Pour le respect de l’éthique et de la déontologie

Le directeur de l’hopital Laquintinie de Douala, candidat à la présidence de l’Ordre national des médecins du Cameroun est en tournée dans les 10 régions du Cameroun. La tournée nationale initiée par le Pr Noel
Emmanuel Essomba vise à présenter son projet dont l’objectif est de « redonner à la pratique médicale toute sa grandeur » et présenter ses 10 propositions, notamment, annuler les arriérés de cotisation des médecins pour un nouveau départ ; améliorer les modalités de cotisation
; accélérer l‘installation des jeunes médecins et intensifier l’intégration
des praticiens de la diaspora ; plaider pour l’instauration d’un salaire minimum garanti des médecins ; accompagner les médecins et leurs familles dans les moments difficiles ; digitaliser l’activité médicale ; accompagner la mise en œuvre de la couverture santé universelle ;
accélérer la décentralisation de l’Onmc par la redynamisation des conseils régionaux de l’Ordre ; renforcer le respect de l’éthique et de la déontologie ; renforcer la compétence des médecins e assainir
l’environnement sanitaire. Outre le Pr Noel Emmanuel Essomba, six autres médecins sont candidats à la présidence de l’Onmc.
Dr Claude Bernard Kamta Ngui : Pour la revalorisation du métier de médecin

C’est un spécialiste de la neurochirurgie qui cumule 18 ans d’expérience en médecine. Candidat au Conseil de l’Ordre National des Médecins du Cameroun (ONMC), il souhaite revaloriser cet organe pour un avenir
radieux.
L’humanisation de l’Onmc, le plaidoyer pour la mise en place progressive de la couverture santé universelle, la modification de certains articles du
processus électoral et du code de déontologie, l’intégration au sein de
l’ordre des médecins non civils, la prise en compte du genre et de la diversité culturelle, le plaidoyer pour la revalorisation des salaires et pour le passage de l’âge de la retraite de 55 à 60 ans, tels sont les axes de sa profession de foi.
Agé de plus de 50 ans, avec un Cv étoffé en matière d’activités associatives dans son secteur professionnel, il sollicite les suffrages de ses confrères pour ouvrir les vans à « une médecine simple et honnête, sans conflit d’intérêt, où le médecin se sentira valorisé et respecté ». Il dit pouvoir tenir le gouvernail pour avoir été pendant 3 ans membre de l’Onmc.
Dr Théodat Manga : L’avocat des médecins

Par Pulchérie Maylis Nsia
Dr Théodat Manga, candidat à la présidence de l’Onmc, affrontera le 9
décembre prochain ses concurrents. Ce candidat défend un projet axé sur la promotion d’une pratique médicale de qualité e t la protection des intérêts de tous les médecins. Il s’engage à redonner à la noble institution l’influence et la crédibilité qu’elle mérite. En démarrant sa campagne, il annonce vouloir « restaurer la confiance et insuffler une nouvelle énergie pour que l’Ordre puisse assumer pleinement ses
responsabilités envers la profession médicale et la population.
Il promet notamment de redorer le blason et l’aura de l’Ordre national des médecins du Cameroun, dans son rôle de régulation et de supervision, de rendre les professionnels de la santé plus nobles dans un environnement miné par tous les maux. Son programme s’articule autour de plusieurs axes : la résorption du chômage des jeunes médecins ; le progrès et l’excellence médicale ; la redynamisation des sociétés savantes et la promotion de la formation continue. la décentralisation ; le rassemblement autour des valeurs, celle du travail, de l’éthique et de la déontologie. Il s’engage d’ailleurs pour un Onmc plus fort, plus solide, mieux préparé à affronter les défis de demain.
Pour réaliser ce projet, Dr Théodat Manga appelle tous les médecins du Cameroun et de la Diaspora à faire entendre leurs voix pour le progrès et pour « bâtir ensemble l’ordre que nous voulons », a – t- il déclaré.
Dr Théodat Manga se positionne à cette élection comme le leader qui rassemble et qui protège. Il dit avoir les atouts nécessaires pour accompagner ses confrères pendant le prochain mandat en vue de retrouver « notre honneur et notre dignité », selon ses propres mots.
Dr Théodat Manga est pétri d’expérience. Âgé de 64 ans, il est médecin ophtalmologiste depuis 30 ans. Il a officié pendant 10 ans comme secrétaire général adjoint dans le conseil de l’ordre présidé par le Dr Daniel Muna , de regretté mémoire. Il est promoteur de la Cerisaie Eye clinic depuis 2003.
Dr Pierre Yves Bassong : Pour le renouveau

Par Martin Ndong
Pour redorer le blason de la médecine au Cameroun, Dr. Pierre Yves Bassong a promis, dès son élection à la tête de l’Ordre national des médecins du Cameroun (si tel est le cas), mettre un accent sur plusieurs
chantiers importants. Il sont huit au total.
Comme premier chantier, le neurologue et enseignant à la faculté des Sciences de la santé de l’Université de Bamenda, entend moderniser et décentraliser L’Onmc. Ce, à travers les textes en vigueur, notamment la
loi 90-036 du 10 aout 1990 dont certaines dispositions ne plus avec les réalités de l’heure. « Des jeunes médecins au chômage qui ne peuvent plus attendre cinq ans pour s’installer en clientèle privée ; des régions aspirant à plus d’autonomie administratives et des sociétés savantes qui ne peuvent plus fonctionner en vase clos », souligne-t-il dans son plan d’actions.
Le premier président du Syndicat des médecins du Cameroun (Symec)
compte bien s’atteler à la démocratisation du renouvellement des
instances de L’Onmc, en ramenant les élections au niveau régional ; promouvoir la transparence à travers la communication et l’éducation ; améliorer les conditions du médecin ; mettre un terme à leur chômage.
Celui qu’on considère comme étant le seul neurochirurgien de la région du Nord-Ouest entend, pour finir, renforcer l’entraide entre confrère ; valoriser le potentiel médical de la diaspora. Non sans faire jouer à l’Onmc son rôle de régulateur de l’exercice de la médecine et de
moralisateur du corps médical…



