Constatant que seules 48,6% des communes du Nord-Ouest disposent d’un site web fonctionnel, le dg de cette structure Ebot Ebot Enaw, a exhorté les maires, à l’ouverture d’un séminaire de trois jours à Bamenda, à intégrer urgemment les Tic sous peine d’être distancés dans la gouvernance et la mobilisation des recettes.
Par Lazare kingue

Dans un contexte où la proximité administrative se mesure désormais à l’aune de l’accessibilité en ligne des services publics, le constat dressé par l’Antic est sans concession. Seules 48,6 % des communes que compte la région du Nord-Ouest disposent actuellement d’une plateforme web fonctionnelle, tandis que leur visibilité et leur interactivité sur les réseaux sociaux demeurent largement insuffisantes pour répondre aux attentes d’une population de plus en plus connectée. Cette situation, qualifiée de préoccupante par Ebot Ebot Enaw, met en évidence un retard structurel susceptible d’aggraver les inégalités d’accès au service public et de freiner la performance de la décentralisation dans cette partie du territoire national.
Présidant depuis lundi 14 juillet dernier à Bamenda l’ouverture des travaux placés sous le thème « Le développement local à l’ère de la transformation numérique », le directeur général de l’Antic a souligné que l’intégration systématique des technologies de l’information et de la communication dans la gestion quotidienne des collectivités territoriales ne relevait plus d’une option stratégique mais d’une nécessité impérieuse, tant pour l’optimisation de la délivrance des prestations aux usagers que pour la sécurisation et la maximisation des recettes municipales trop souvent érodées par des procédures manuelles obsolètes. L’atelier, qui a réuni durant trois jours les maires et les responsables en charge de l’informatique des communes issues des sept départements de la région, visait précisément à combler ce déficit de compétences en dotant les cadres communaux des aptitudes numériques indispensables au XXIe siècle, lesquelles, une fois déployées, sont appelées à reconfigurer en profondeur la relation entre l’administration locale et le citoyen.
Il ne s’agira plus, a expliqué Ebot Ebot Enaw, d’imposer aux administrés de longs déplacements jusqu’aux sièges des mairies pour s’enquérir de l’avancement d’un dossier, dans la mesure où la mise en service de portails institutionnels modernes et de plateformes interactives permettra, à terme, d’effectuer ces démarches directement depuis un téléphone intelligent ou tout autre terminal numérique, gage d’efficacité, de transparence et de célérité. Au-delà de la seule dimension communicationnelle, la démarche engagée par l’Antic ambitionne de s’attaquer aux goulots d’étranglement qui entravent la bonne marche des collectivités, à travers notamment la dématérialisation des registres d’état civil et l’automatisation des chaînes de recouvrement des recettes locales, deux chantiers jugés prioritaires pour asseoir la crédibilité financière des communes.
Pour étayer la faisabilité de cette mutation, le Directeur général a rappelé les résultats déjà engrangés au plan national, l’agence ayant à ce jour accompagné 230 communes, soit 64 % du parc communal du Cameroun, dans l’appropriation et le déploiement de solutions TIC adaptées à leurs spécificités. Il a cité en exemple la sécurisation réussie des plateformes du registre national de l’état civil dans des communes pilotes des départements du Diamaré dans l’Extrême-Nord et du Wouri dans le Littoral, opération rendue possible grâce au déploiement de l’infrastructure à clés publiques (PKI ) développée par l’Antic. Convaincu que le Nord-Ouest ne saurait rester en marge de cette dynamique, il a exhorté les élus locaux à saisir l’opportunité de ce séminaire pour opérer le basculement nécessaire.
L’organisation de cette rencontre, conduite en partenariat étroit avec le ministère de la Décentralisation et du Développement local, le Feicom, le Bunec et l’Armp, témoigne, selon lui, de la volonté des pouvoirs publics de faire du numérique le socle de la gouvernance locale de demain.



