Internet : Le Cameroun veut rester connecté

Directeur technique à Camtel, Said Ahmadou a étalé les mesures y relatives -encore dans le pipe – à l’occasion de la visite des auditeurs de la 19e promotion de l’Ecole supérieure internationale de guerre de Yaoundé le 15 juillet dernier.


Par Arnaud Kuipo


Des militaires à la Cameroon Telecommunications (Camtel) à Yaoundé, l’image n’est pas habituelle. Il ne s’agit pas d’une descente pour maintenir la sécurité ou restaurer l’ordre, mais pour acquérir des connaissances. Cette visite s’inscrit dans le cadre du module : leadership et management de la formation des auditeurs de l’Ecole supérieure internationale de guerre (Esig) de Yaoundé. Au menu de cette visite deux présentations dont la plus importante est en lien avec la protection des données. Mais lors des échanges avec les auditeurs, plusieurs questions de divers ordres sont mises sur la table. C’est le cas de celle sur la connectivité du Cameroun aux lendemains de la destruction en mars dernier des câbles sous-marins.

Question de stagiaire : « Tout à l’heure j’ai vu au cours de l’exposé déroulé par votre collaborateur que Camtel exploite cinq câbles sous-marins. Alors il me souvient […] qu’il y a eu une rupture de la connectivité d’Internet au Cameroun pendant plusieurs heures, dit-on parce que les câbles avaient été rompus. Sachant que les câbles sous-marins sont devenus un enjeu géopolitique important pour les Etats […], la question que je pose est à deux volets. D’abord, est-ce que Camtel a réussi à identifier les causes de l’incident ? Si oui quelles ont été les mesures qui ont été prises pour qu’à l’avenir nous n’ayons plus ce genre de situation surtout qu’aujourd’hui les câbles sous-marins transportent 98% des données sur Internet ? »

Pour une connectivité permanente au Cameroun.

Prenant la parole, le directeur technique répond que l’incident était dû à « un éboulement terrestre ». Said Ahmadou ajoute : « Camtel fort heureusement avait un câble qui allait du côté de l’Amérique du Sud, notamment à Fortaleza au Brésil. C’est ce qui fait que le Cameroun et une bonne partie de l’Afrique centrale ont été sécurisés. Entre temps les câbles ont été réparés et Camtel d’elle-même et sur instruction de la hiérarchie envisage de multiplier les voies d’accès que ce soit par de nouveaux câbles. Nous sommes en discussion très avancée avec certains consortiums pour une adhésion future peut-être en 2025 ou 2026 ». En plus de ça, le responsable relève le projet terrestre : le transafricain. Il va des côtes atlantiques ouest africaines jusqu’au port Soudan (côté est). « Ainsi au cas où il y a indisponibilité du côté ouest africain, nous pourrons, par interland, rejoindre le trafic mondial du côté est africain ». Ce n’est pas tout. Le directeur technique souligne enfin les solutions satellitaires au sujet desquelles des démarches ont déjà été entreprises.