Après avoir applaudi l’accalmie entre les deux camps, Cavaye Yeguié Djibril va certainement très vite déchanter suite à la dernière lettre de Samuel Eto’o à Mouelle Kombi.
Par Cyril Essissima
En clôturant la session parlementaire le 10 juillet, le président de l’Assemblée nationale (Pan) s’est empressé de constater et de saluer l’accalmie dans « le bras de fer gouvernement/Fédération camerounaise de football, la Fécafoot ». Cavaye Yeguié Djibril s’est tout de même garder de trop pousser son enthousiasme. « Je voudrais croire que cette accalmie n’est pas trompeuse, comme ce feu qui couve sous la cendre. Aussi ai-je grand espoir, que la raison est en train de prévaloir et que la sérénité sera bientôt totale autant dans les rangs des joueurs eux-mêmes que dans ceux des dirigeants qu’ils soient techniques, administratifs ou gouvernementaux », a-t-il déclaré dans son discours de clôture. Et d’ajouter : « Je ne crois pas me tromper en affirmant que, comme les autres disciplines, le football est un ferment, un ferment de l’unité, de la fraternité et du vivre ensemble. Il a pour vocation, affirmons-nous encore, de rassembler et non de diviser. »

Mais à qui s’adresse le Pan lorsqu’il rappelle les vertus du sport en général et du football en particulier ? Si c’est aux deux protagonistes, à savoir le ministre des Sports (Minsep) et le président de la Fécafoot, la hache de guerre est loin d’être enterrée. En formulant son vœu pieux, Cavaye n’a certainement pas vu passer sous les yeux la dernière correspondance du président de la fédération au ministre. Dans cette lettre datée du 28 juin 2024, Samuel Eto’o rappelle à Narcisse Mouelle Kombi la nécessité de procéder à la contractualisation de l’encadrement technique de la sélection nationale masculine « A ». Mais là n’est pas le problème. Le fait est que le président de la fédération ignore tout le reste des membres du staff nommés par le Minsep, excepté le sélectionneur principal et ses deux assistants. Samuel Eto’o maintient ses choix en mentionnant Martin Ndtoungou Mile (entraîneur adjoint N°1) ; David Pagou (entraîneur adjoint N°2) ; Idriss Carlos Kameni (entraîneur des gardiens) ; Christophe Manouvrier (préparateur physique) et Nicolas Alnoudji (team manager). Un rebondissement qui va sans doute faire déchanter le président de l’Assemblée nationale, comme quoi l’accalmie n’était qu’un calme apparent et chaque camp campe sur ses positions.



