En plus du côté show de l’événement, le concert lyrique qui s’est déroulé au Musée national samedi dernier était aussi l’occasion de présenter les deux voix camerounaises retenues pour le rendez-vous de France en début d’année prochaine.

Par Désiré Domo
Il a soufflé un air d’opéra dans l’enceinte du Musée national le 15 juin dernier. Devant un public qui a fait le plein d’œufs d’une des pièces de ce haut-lieu de la conservation de la mémoire collective. Des artistes camerounais et français se sont associés pour adapter sur scènes plusieurs chansons lyriques. Parmi ceux-ci, le coordonnateur des Tessitures (appellation affectueuse donnée aux chanteurs de l’Académie Sainte-Cécile de Yaoundé), le baryton papal Abbé Vladimir Bidzanga ; et le sopraniste/contreténor français, Fabrice Di Falco.
De 18h à 20h, les deux tessitures vocales ont tenu le public en haleine, sous l’accompagnement du pianiste de l’Opéra de Paris, Edward Lidall ; du contrebassiste, Julien Leleu ; et de l’orchestre Les cordes du Cameroun ainsi que l’ensemble vocal Gracious Voices. Pas moins de 15 chansons lyriques pour meubler ce grand concert de Yaoundé avec comme plat d’entrée la prestation de Vladimir Bidzanga. Celui qui est également aumônier des artistes et fondateur de l’académie Saint-Cécile de Yaoundé par sa voix suave reprend en une dizaine de minutes Agnus Dei de Bizert. Son confrère de Paris Di Falco s’offre le Cold Song de Purcell, non sans que les deux ne se prêtent en duo, pour exécuter Lascia Ch’io Pianga de Haendel.
Le clou de la soirée est marqué par d’autres passages captivants les uns après les autres. Morceaux choisis Habenera de Bizet et Sarabande, air de sauvages repris respectivement par Parfait Ekani et orchestre Les Cordes. L’attention du public est attirée notamment lors de la prestation de Parfait Ekani, un autre Camerounais qui a fait de la chanson lyrique une partie de sa vie comme ses équipiers de l’académie Saint-Cécile. Sa demi-dizaine de prestations délicieuses de la soirée va précéder la principale information à retenir de ces 120 minutes de show : la validation de Vanel Djoko (ténor) et Jean Singoa Toya (ténor) pour représenter le Cameroun au grand concert de l’opéra de Paris le 8 janvier 2025. « Je suis hyper émotionné. C’est une grande joie pour nous de montrer nos talents, après tant d’années de formation…Rendez-vous à Paris l’année prochaine. Vous y entendrez de nos nouvelles, parce que nous allons là-bas pour gagner », déclare tout ému Vladimir Bidzanga au même titre que son compatriote Parfait Ekani. « Je suis très content d’abord en tant que contreténor camerounais. La présence de Di Falco au Cameroun confirme encore cette joie sur la voix de contreténor avec des stéréotypes sur cette voix qui au Cameroun et peut-être dans plusieurs pays a toujours été mal comprise », ajoute-t-il.
Il faut dire qu’au cours du grand concert du weekend dernier qui a été riche en émotions, un hommage a été rendu au feu Manu Dibango. « Manu Dibango m’a beaucoup parlé de son pays le Cameroun. Nous avons fait beaucoup de salles ensemble. Nous avons fêté son anniversaire ensemble, quelques mois avant sa mort. Je suis très content d’être sur la terre camerounaise de mon parrain et d’avoir rencontré toutes ces voix. J’ai envie de revenir pour pouvoir leur donner mon expertise, les aider à devenir ce que je suis devenu dans le monde de l’opéra », a avoué Fabrice Di Falco quelques heures avant de quitter le sol camerounais en compagnie de son équipe.



