Le président de la chambre haute du Parlement a tenu à rassurer ses collègues qu’il pèsera de son autorité pour préserver les valeurs morales et l’éthique au sein de l’institution.
Par Cyril Essissima
« Je tenais à faire ce discours pour dire que je suis là ». Ces paroles sont du président du Sénat, Marcel Niat Njifenji, en ouverture de la session parlementaire le 11 juin. Des mots qui ne faisaient d’ailleurs pas partie de son discours (lu). Et de poursuivre en disant : « Des choses se disent mais je suis toujours là. Je voudrais rassurer les sénateurs que les valeurs morales et l’éthique seront préservées. La maladie passera mais le Cameroun restera ». Des propos qui ont laissé perplexe tout l’hémicycle, que ce soit les sénateurs, les membres du gouvernement présents, les représentants des missions diplomatiques et même les journalistes.

Mais de quoi parle Marcel Niat Njifenji ? Y aurait-il des gens au sein de la chambre haute qui voudraient le voir partir ? Qui sont-ils ? Telles sont les interrogations qui taraudent les esprits dans les couloirs du palais des Congrès de Yaoundé.
Ce que l’on sait néanmoins du contexte, c’est que le Sénat est secoué de l’intérieur par un scandale financier depuis quelques semaines. L’on parle d’un trou dans la trésorerie de l’ordre de 3 milliards Fcfa. Les soupçons sont dirigés contre le secrétaire général adjoint (Sga), Bernard Wongolo qui fait l’objet d’une enquête parlementaire instruite par le président du Sénat et coordonnée par le 1er vice-président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, par ailleurs lamido de Rey-Bouba. Les faits se seraient produits entre la fin de l’année 2023 et le premier trimestre 2024, soit pendant les quatre mois d’absence du président de la chambre qui qui se trouvait à Genève en Suisse pour des raisons de santé.
Pour le reste, Marcel Niat Njifenji s’est offusqué de la « crise » qui prévaut dans l’encadrement des Lions indomptables du Cameroun. Situation marquée par « un feuilleton à rebondissements qui foule au pied l’honneur, la dignité et l’unité de notre pays », regrette-t-il, non sans marteler avec autorité que « cela doit cesser ! ». Le président du Sénat considère que « le football doit rester le bastion de fierté qu’il a toujours été pour notre pays ». Aussi, invite-t-il chacune des parties prenantes à ce conflit « à reprendre le dialogue et à garder le sens des responsabilités pour un retour rapide au calme et à la sérénité ».
Le gouvernement est également invité à jouer sa partition. Il ne doit « ménager aucun effort pour, d’une part, combattre toutes les dérives qui constituent autant de menaces pour le vivre-ensemble et, d’autre part, trouver des solutions durables devant garantir la paix, la protection de l’unité nationale et la poursuite des efforts de développement inclusif ».



