Augustine Njamnshi : « Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 22 % d’ici 2035 »

Le directeur exécutif de la Coalition africaine pour l’énergie et l’accès durables (Acsea) revient sur le dialogue multipartite organisé vendredi dernier à Yaoundé.


Par Désiré Domo


L’Acsea revient de deux jours de travaux à Yaoundé. Travaux sur le dialogue multipartite sur l’accroissement de l’accès aux énergies renouvelables pour l’adaptation au changement climatique et la résilience au Cameroun et la restitution de la COP28. Pourquoi ce regroupement ?

Ces travaux visent à pour explorer les opportunités importantes et les défis urgents associés à l’augmentation de la part des énergies renouvelables au Cameroun : une étape clé vers la réalisation du développement durable et de la résilience climatique.  Nous sommes réunis par une vision commune qui est d’assurer un avenir énergétique fiable, abordable et durable pour le Cameroun.

Nous y avons remarqué la participation de plusieurs entités…

Cet événement offre une plate-forme unique aux parties prenantes du gouvernement, des organisations de la société civile, des OSC, du secteur privé, des partenaires de développement, du monde universitaire et des agriculteurs pour aborder de manière collaborative les questions critiques entourant le déploiement des énergies renouvelables dans notre pays face à une crise climatique.

A travers les déclarations, on se rend compte que Cameroun à travers cette initiative veut également booster son économie, mais c’est sans compter sa production sur le plan énergétique…

 L’ambition du Cameroun de devenir une économie émergente dépend de sa capacité à fournir un approvisionnement énergétique stable et abordable, essentiel à la fois à la croissance économique et au développement social. Bien qu’il possède d’abondantes ressources en énergies renouvelables, hydroélectriques, solaires, éoliennes et biomasses, le pays est confronté à d’importants défis pour exploiter efficacement ces atouts. En 2013, seulement 18 % environ de la population avait accès à l’électricité. Nous sommes très vulnérables aux variations saisonnières et aux impacts du changement climatique.Cependant, notre engagement à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 22 % d’ici 2035 dans le cadre de notre contribution déterminée au niveau national dans le cadre de l’accord de Paris démontre notre détermination à relever ces défis.

Pourquoi l’accent est mis sur les énergies renouvelables ?

Les énergies renouvelables sont au cœur de cet engagement promettant de réduire notre dépendance aux combustibles fossiles et de réduire l’intensité carbone de notre secteur électrique.

Cela passe-t-il forcément par un dialogue politique comme celui que vous avez organisé ?

Le dialogue politique que nous organisons aujourd’hui vise à combler le fossé entre notre potentiel en matière d’énergies renouvelables et les réalités de sa mise en œuvre. À travers une série de présentations, de tables rondes et de débats en plénière, nous examinerons le statut et le potentiel des énergies renouvelables au Cameroun, l’environnement favorable nécessaire au développement et les efforts actuels visant à étendre les solutions énergétiques décentralisées dans les communautés hors réseau. Notre objectif est d’aboutir à un ensemble d’actions et de recommandations concrètes qui garantiront qu’un environnement favorable et accélérera le développement des énergies renouvelables au Cameroun soit une réalité. Nous ne pouvons pas continuer à penser que les énergies renouvelables servent uniquement à atténuer le changement climatique. Maintenant, nous devons nous pencher sur l’impératif des énergies renouvelables, pour renforcer notre résilience, notre économie et notre développement. Nous pensons que pour ce faire, il est important d’avoir toutes les parties prenantes à la table de discussion. C’est la raison pour laquelle nous avons initié ce dialogue. Ici, nous avons des parlementaires, de la société civile, du secteur privé, des agriculteurs, des jeunes et des femmes. Il est important pour nous d’encourager constamment cette pratique afin que tout le monde soit d’accord lorsque nous parlons de développement dans ce contexte climatique très difficile »

C’est un dialogue de sensibilisation. Elle va également être sanctionnée par une note d’orientation qui sera présentée aux parlementaires et décideurs politiques de ce pays afin que le Cameroun intègre cette importance de l’accès à l’énergie pour le développement dans un contexte climatique très contraint.J’ai parlé de l’action climatique comme d’une atténuation et d’une adaptation. Il faut s’adapter. Nous n’avons pas le luxe de choisir de nous adapter ou non. Lorsque l’impact du changement climatique se produit, nous devons nous adapter. Comment pouvons-nous nous adapter sans accès à une énergie efficace et abordable qui répond aux besoins de nos populations. Nous créons ce lien entre l’accès à une énergie efficace et abordable et la résilience et l’adaptation au changement climatique.