Le délégué général de l’Apf partage sa compréhension des thèmes abordés lors de la 30e Assemblée régionale Afrique, tenue à Yaoundé.
Par Cyril Essissima
Quelle réflexion vous inspire les deux thèmes centraux de la 30e Assemblée régionale Afrique de l’Apf ?
Il y a encore très longtemps on pensait que la coopération internationale allait faire que tout les pays soient amis, et développer le niveau de vie et les libertés publiques de tous les citoyens. On voit bien que ce n’est pas le cas aujourd’hui. On voit que de plus en plus les conflits existent, plus de conflits armés entre les États qui n’arrivent pas à se parler les uns avec les autres et les premières victimes de cet état de conflit ce sont les populations.
Nous parlementaires, on représente les populations.C’est elles qui nous élisent, alors on se doit de travailler pour leur bien être, leur sécurité et leur liberté. On doit être solidaire avec ces populations. Donc, le thème est absolument central.
La question est comment nous parlementaires de l’espace francophone, on peut contribuer à la résolution des conflits dans lesquels les grandes instances nationales et les États n’arrivent pas à venir à bout ? Je parle par exemple de l’Est du Congo, de la question du sahel. Comment on peut les ramener à la discussion avec la Cedeao ? L’état des conflits comme ça en Afrique dans lesquels les parlementaires avec des phases de médiations ont une approche différente et peuvent certainement contribuer mieux qu’on le fait aujourd’hui à la résolution de ces situations.
Justement, que peut concrètement faire la diplomatie parlementaire de l’Apf pour sortir ces États de cet engrenage de crises ?
Nous pouvons travailler avec d’autres approches. Vous avez vu des représentants du Mali, du Gabon, de la Guinée qui ne sont pas des parlementaires élus, mais des parlementaires désignés. Malgré tout, on parle, on discute. Je parle avec les gouvernements du Burkina Faso. Et ce dialogue qui continue d’exister, permet, quand les gouvernants ont de bonnes intentions, de rapprocher les points de vue et de trouver des points équilibre.
Le président en exercice, Francis Drouin, a émis le souhait de voir l’Apf acquérir un statut d’observateur auprès des Nations unies. Qu’est-ce que cela peut apporter en termes de poids à cette Assemblée ?
Ça va apporter de la crédibilité. Quand vous êtes légitime, vous pesez plus, vous êtes vite reçu, votre parole est mieux écoutée.
Êtes-vous vous aussi favorable à la réforme du Conseil de sécurité de l’Onu, notamment pour que l’Afrique y soit représentée, selon le vœu du président Paul Biya ?
On voit bien aujourd’hui que les institutions internationales issues de la deuxième Guerre mondiale ne correspondent plus au rapport de force et à la vitalité démographique des différents pays notamment de l’Afrique. Donc, il faut revoir la représentativité des pays africains dans les grandes institutions internationales. C’est une évidence aujourd’hui. Peut-être certains ont intérêt à freiner cette évolution parce que ça leur profite et c’est plus compliqué à gérer.
Vous avez une multitude d’États en Afrique qui ont chacun des particularités et des développements différents. C’est plus difficile à gérer c’est pour ça qu’on se rapproche de ce qui a existé. Mais il faut très vite avoir une meilleure représentativité donc les institutions internationales qui fonctionnent mieux et qui apportent une meilleure représentation de l’ensemble des populations du monde.
Vous avez présenté le Cameroun comme un carrefour…
Le Cameroun, c’est un pays magique et tellement différent des autres par sa singularité, le nombre de communautés, sa diversité et sa stabilité. C’est un pays qui reste mystérieux et qu’on a envie de visiter.
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