Jean-Serge Bokassa : « Une partie de la mémoire de l’histoire du peuple centrafricain »

Ancien ministre et fils de l’ex empereur Bokassa 1er, il se dit favorable au rapatriement de la réplique du trône de son père en Rca, car elle pourrait contribuer à la reconstitution de l’histoire du pays.


Par Cyril Essissima


 

Comment avez-vous accueilli la nouvelle de la vente aux enchères de la réplique du trône de l’ancien empereur de Centrafrique, Jean-Bedel Bokassa 1er ?

L’idée de cette vente aux enchères de la réplique du trône est plutôt portée sur l’exposition d’un objet artistique mettant en avant des prouesses techniques d’un somptueux travail artisanal réalisé à l’époque.

Cette réplique marque donc une page de l’histoire de mon pays que je ne peux renier et qui mérite de figurer dans les archives et un musée si par la suite il s’en crée un.

Qu’est-ce que cela représente pour votre famille ?

Je ne puis vous donner le sentiment de ma famille mais en ce qui me concerne, cette question devrait plutôt faire l’objet d’un sondage auprès du peuple centrafricain. Car cet objet fait partie de son histoire bien qu’étant la nôtre. C’est l’histoire d’un peuple et celui d’une nation toute entière et non d’une seule famille. Il serait donc très intéressant de leur poser la question et de recueillir leurs avis.

 

Pourtant vendu en même temps que le scooter de l’ex président français François Hollande, ce trône n’est pas très médiatisé par les médias français. Avez-vous le sentiment que c’est un colis embarrassant pour la France ?

Quel serait l’intérêt d’une médiatisation de deux objets d’utilité différente ? Je pense que bon nombre d’années se sont écoulées et que l’épisode à retenir est le retour de Jean-Bedel Bokassa sur ses terres en 1986 pour faire face à la justice de son pays.

 

Souhaitez-vous que ce trône, bien qu’étant une réplique, soit rétrocédé à votre pays ?

Tout dépend de l’intérêt que l’on porte à l’histoire de son pays. En ce qui me concerne, vu l’état dans lequel se trouve l’original, oui. Cette réplique est très ressemblante. Elle pourrait très bien revenir dans le pays et y avoir toute sa place, si l’État y consent et s’accorde avec les talentueux artisans qui l’ont réalisé. Elle pourrait trouver toute sa place dans le cadre d’un musée retraçant l’histoire de la Centrafrique par exemple.

Sur le plan historique, son couronnement reste l’un des marqueurs les plus prononcés de notre histoire politique. L’ignorer ne rendrait pas service aux générations futures. L’histoire leur appartient autant qu’à nous.

L’original ayant été vandalisée, celle-ci pourrait répondre à un besoin de reconstitution d’une partie de la mémoire de l’histoire du peuple centrafricain.

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