Dr Nicole Fouda Mbarga

« Nos membres ont plus d’accès aux opportunités »

La présidente de Women in Global Health présente l’intérêt de la formation offerte aux femmes sur la rédaction et la gestion des subventions dans le domaine de la recherche.



Par Guy Martial Tchinda


Women in Global Health a organisé le 14 mars dernier un symposium à l’intention des femmes sur la rédaction et la gestion des subventions de la recherche. Que recherchez-vous à travers une telle formation ?

Women in Global Health est un mouvement qui promeut le leadership féminin et l’égalité de genres. Au Cameroun et dans le monde par ailleurs, la majorité des personnels de santé est féminin, mais lorsqu’on regarde les postes de prise de décisions ou de leadership, on voit moins les femmes. Cela veut dire qu’il y a un problème. Nous avons choisi de faire du plaidoyer auprès du gouvernement, mais en plus, nous pensons qu’il faut travailler avec les femmes pour qu’elles aient plus de capacités de leadership pour être des leaders dans leurs domaines. C’est la raison pour laquelle nous faisons des formations en ligne, en hybride ou en présentiel. Le but c’est de développer les capacités des femmes.

Cette année, nous avons voulu accélérer le rythme en parlant des subventions, parce qu’on sait qu’elles sont très peu accessibles aux femmes. Nous constatons que les hommes ont beaucoup plus de subventions que les femmes. Nous avons donc convier les experts pour venir former les femmes.

 

Quel conseils donnez-vous aux femmes pour accéder à plus de subventions et d’opportunités ?

Il faut être ouverte d’esprit, participer aux formations, mais surtout se mettre en équipe avec les autres. Women in Global Health offre l’opportunité aux femmes et aux hommes qui peuvent être des alliés pour faire avancer les choses.

 

Cette session, c’est la troisième formation que vous organisez à l’intention des femmes. Quel impact avez-vous ?

Nous avons des retours de nos membres qui ont plus d’accès aux opportunités. Parmi elles, il y en a qui commencent à avoir des bourses, d’autres accèdent de plus en plus aux conférences internationales où on voyait plus des hommes. Nous travaillons avec le gouvernement pour que les choses évoluent. On commence à avoir un peu de changement après nos activités.

 

Vous dites travailler avec le gouvernement, mais avez-vous l’impression que les lignes bougent dans le secteur public?

Oui, les choses changent. En 2022, nous avons publié un article dans un organe de presse pour dénoncer le fait qu’aucune femme n’était directrice d’un hôpital de niveau central et on rappelait au gouvernement que très peu de femmes sont  représentées dans les services centraux du ministère de la Santé publique. Et quelques mois après cette publication, le ministre de la Santé publique a nommé des femmes aux postes de direction. Donc les choses bougent, bien que timidement. Nous faisons du plaidoyer pour que les choses soient accélérées. Si nous ne mettons pas les femmes à des postes de responsabilité, elles qui sont plus nombreuses à la base, nous perdons des talents et des idées.

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