Subvention de la recherche : Women in Global Health Cameroun au front contre les inégalités de genre

Cette organisation a organisé un Symposium à Yaoundé le 14 mars à l’effet de combler l’écart de genres en sciences.

Par Guy Martial Tchinda 

 

Octobre 2021, Aline M. du nom d’emprunt, veut trouver une «formule» pour améliorer l’accessibilité des jeunes filles d’une communauté aux contraceptifs, en vue de limiter les grossesses précoces et indésirées dans un contexte socioculturel marqué par des mariages précoces. La jeune dame passe à côté d’une opportunité de financement de ce projet dont elle vient de boucler la rédaction. Nouvellement diplômée ne sera, hélas, pas sélectionnée, faute de l’expérience professionnelle exigée par le bailleur de fonds. Aline M. Aurait pourtant l’expérience requise pour bénéficier de ce financement, n’eût été une maternité qui l’a poussée à interrompre ses études.

L’exemple d’Aline M. n’est pas un cas isolé. Plusieurs femmes peinent à accéder aux opportunités et même aux subventions de recherche dans le domaine de la science. Selon Women in Global Health. « Il existe des obstacles socio-économiques, institutionnels et environnementaux qui alimentent les inégalités entre les hommes et les femmes dans le domaine des sciences. Les femmes doivent consacrer plus de temps aux tâches domestiques et aux obligations familiales que leurs homologues masculins. Certaines femmes et jeunes filles en Afrique n’atteindront jamais l’enseignement supérieur car elles devront se marier tôt et commencer à s’occuper davantage des tâches familiales », déplore cette organisation.

Donner plus de chances aux femmes

Pour contribuer à réduire l’écart de genres en sciences et donner plus de chances aux femmes en matière de rédaction et gestion de subventions, Women in Global Health, antenne du Cameroun, a organisé le 14 mars dernier à Yaoundé un Symposium à l’intention de ses membres. Occasion pour les participants d’apprendre auprès de leurs aînés comment faire à l’avenir pour avoir plus de chances d’accéder aux subventions. « Les financements de la recherche, ce sont des financements pour transformer le système de santé. Et pour y accéder, il faut avoir un certain nombre de dispositions en termes de compétences et d’aptitudes », déclare le Pr Ongolo Zogo, conférencier. « La première barrière c’est la langue parce qu’il faut être bilingue pour pouvoir soumissionner en français et en anglais ; il faut pouvoir identifier les problèmes susceptibles de changer la santé et le bien-être des populations, et il faut cibler les bons sponsors en fonction des financements qu’ils offrent. Il faut aussi se constituer en équipe et agir ensemble de manière cohérente et synergique; et être attentif à l’obligation de recevabilité », explique-t-il.

Pour les responsables du Centre de coordination des opérations d’urgences de santé publique (Ccousp) qui a abrité ce symposium, la problématique abordée est plus que jamais d’actualité et mérite une attention particulière. « C’est une question de l’heure de pouvoir répondre aux problèmes de santé globale, c’est aussi une question de l’heure que les femmes puissent se positionner dans la réponse aux problèmes de santé globale, mais aussi se positionner à des instances de leadership et de prise des décisions », a indiqué Dr Linda Esso, coordonnatrice adjointe du Ccousp.

La rencontre a permis à 60 scientifiques et membres du WGH Cameroun d’être informés et formés à la préparation d’une demande de subvention, à la présentation d’une demande et à la gestion réussie d’une subvention. De même, elle leur a permis d’être informés de certaines opportunités de financements pour le développement académique.