Suite à des mesures disciplinaires prises par la ministre des Enseignements secondaires à l’endroit de certains enseignants, le Collectifs des organisations des enseignants du Cameroun menacent d’organiser une grève générale.
Par Josiane Afom

Dans son discours adressé à la nation le 31 décembre 2023, le Président de la République, Paul Biya, s’était voulu ferme au sujet des grèves dans les établissements scolaires au Cameroun. « Il sera dès lors difficilement admissible que l’éducation de nos enfants continue d’être prise en otage par une frange d’enseignants, dont les motivations réelles semblent s’écarter des objectifs affichés. Je voudrais être clair à cet égard. Autant je suis soucieux de voir les enseignants bénéficier des conditions appropriées pour l’exercice de leur noble métier, autant je suis intransigeant pour le respect du droit à l’éducation de notre jeunesse. Des mesures fermes vont à cet égard être prises pour veiller à ce que nos enfants ne se retrouvent pas victimes d’une éducation au rabais », affirmait-t-il.
Le Collectif des organisations des enseignants du Cameroun crie à l’acharnement
À la suite de cette adresse à la nation, la ministre des Enseignements secondaires, Pauline Nalova Lyonga, comme il fallait s’y attendre, a pris des mesures disciplinaires à l’endroit de nombreux enseignants à travers le pays. Il s’agit, entre autres, des retraits d’emplois de temps, l’interdiction d’entrer en classe, les suspensions de solde, les mutations disciplinaires. C’est le cas du Lycée de Ngoumou, dans la région du Centre, où le proviseur, Gilbert Ladoh, tous les censeurs, tous les surveillants généraux et le chef service des sports avaient été relevés de leur fonction par Nalova Lyonga. Certains enseignants de cet établissement, comme bien d’autres en service dans les régions du Centre et du Littoral, entre autres, avaient été affectés dans les régions septentrionales.
Injustice
Ces sanctions prises par la patronne des Enseignements secondaires au Cameroun ont été jugées abusives par les organisations des enseignants. en effet, réunis le 12 février dernier, les membres du Collectif des organisations des enseignants du Cameroun (Corec) avait constaté au travers de ces mesures disciplinaires, « une multiplication d’abus administratifs de toutes sortes sur le terrain, notamment la suspension de nombreux enseignants en marge de toute réglementation (nombre d’entre eux détenant même des récépissés de justification de présence) ». Au regard de ce qu’ils qualifiaient donc d’injustice, les membres de ce collectif ont appelé tous les enseignants quelles que soient leurs appartenances ou sympathies syndicales à soutenir financièrement leurs collègues suspendus en contribuant à l’élan de solidarité initié par le Syndicat des enseignants du Cameroun pour l’Afrique (Seca) et à soutenir ce syndicat dans les procédures hiérarchiques et contentieuses initiées ou à initier en vue de faire rétablir les enseignants injustement touchés dans leurs droits.
Par ailleurs, le Corec a appelé les enseignants à se mobiliser tous les lundis et vendredis, vêtus en noir en signe de protestation contre les dérives autoritaires dont ils sont victimes au quotidien dans le cadre de l’exercice de leur profession ainsi qu’à l’occasion de leurs déplacements hors du pays; et demandent à ces derniers de se tenir prêts à prendre automatiquement part à la grève générale que pourrait lancer les centrales syndicales des travailleurs regroupées dans le Cameroon Worker’s’ Forum (CAWOF) ainsi qu’à toute autre action que les syndicats d’enseignants pourraient organiser de façon spécifique pour ce sous-secteur.



