Kribi : La Maetur engluée dans un litige foncier

Dans une requête en intervention adressée au procureur de la République près les tribunaux d’instance de Kribi, les ayants-droits s’opposent à l’intervention jugée injuste du préfet.


Par Rebara Habra



Plage de Kribi (Image d’illustration)


L’immeuble « rural bâti à Kribi 1er au lieu-dit Bwambe, d’une superficie initiale de 07ha 97a 82ca et théorique restante de 03ha 99a 00ca, immatriculé au livre foncier du département de l’Océan sous numéro 1480, volume 09, Folio 58, établi le 30/09/1994 » appartient en toute propriété à la collectivité Bobodio Bobona. Ce sont les termes d’un certificat de propriété délivré par la délégation départementale du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières pour l’Océan. La décision rendue le 17 août 2023 reconnait le titre foncier susmentionné aux nommés Félix Dimouemoue, Moïse Issowa, Gabriel Moussambani Joseph Eboko, Imano Idangwe, Jean Ekindi et Vandelin Ndjoumbe.  

Malheureusement, depuis quelques mois, cette parcelle de terre est devenue objet d’une polémique entre les susnommés, le directeur général(Dg) de l’entreprise Mission d’aménagement et d’équipement des terrains urbains et ruraux (Maetur) Louis Rooger Manga, et le préfet du département de l’Océan, Nouhou Bello. Pour faire la lumière sur cette affaire, les ayants-droits agissant par l’intermédiaire de Paul Christian Mbonga  Mauger vont déposer une requête en intervention pour opposition au « projet de lancement des travaux des brigades de surveillance des dépenses » qu’entend mettre sur pieds le préfet de l’Océan  aux lieux dits Talla, Bwambe I et II. 

Confusion

Dans ladite requête déposée auprès du procureur de la République près les tribunaux d’Instances de Kribi, les ayants-droits dénoncent, non seulement une démarche en marge de la loi et de la règlementation engagée par l’autorité préfectorale mais aussi, le refus de la Maetur à se soumettre aux décisions de la justice. 
En réalité, les copropriétaires des titres fonciers sus-évoqués avaient « confié à la Maetur la tâche d’aménager, lotir, et éventuellement vendre des parcelles de leurs propriétés, avec pour obligation de rendre périodiquement compte de ses missions ». Sauf qu’au bout des temps, Maetur semble n’avoir pas respecté ses engagements. Cette attitude avait contraint les copropriétaires à faire recours à la justice qui a condamné la Maetur « à la reddition des comptes par devant Me Mime N. Ndoum, notaire à Kribi, et a consacré la caducité des mandats donnés à la Maetur depuis 2000 du fait du décès de certains mandats, et nullité des actes subséquents ». Pour les mandataires des ayants-droits, l’intervention du préfet de l’Océan en rajoute à la confusion dans ce dossier.