Gouvernement Dion Ngute : Que de dossiers brûlants à gérer en 5 ans


Par Cyril Essissima


Joseph Dion Ngute, le premier fantassin !

4 janvier 2019 – 4 janvier 2024. Cinq ans déjà que Joseph Dion Ngute assure la fonction de Premier ministre. Depuis lors, il n’a eu de cesse de gérer des crises diverses. Son baptême du feu intervient la même année lorsqu’il est désigné par le président de la République pour présider le Grand dialogue national (Gdn), tenu du 30 septembre au 4 octobre au palais des Congrès de Yaoundé.

Sa principale mission est « d’examiner les voies et moyens de répondre aux aspirations profondes des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO) », les deux régions anglophones du pays engluées depuis fin 2016 dans des revendications sécessionnistes. Le chef du gouvernement a tenu la barque jusqu’à l’adoption des recommandations du Gdn dont il supervise d’ailleurs l’implémentation à la faveur du décret présidentiel du 23 mars 2020, lequel fait de lui le président du comité de suivi de la mise en œuvre des recommandations du Gdn. Le Comité a tenu sa 5e session le 11 août 2023 à Buea. Il faut ajouter que le Premier ministre supervise également le plan présidentiel de reconstruction et de développement des régions du NOSO (Pprd-NOSO). Lequel plan est adossé sur le Comité mentionné ci-dessus. Le 18 décembre dernier, une réunion du comité de pilotage du Pprd-NOSO a abouti à un accord de financement de la Banque islamique de développement d’un montant de 32,25 millions d’euros, soit 21,150 milliards Fcfa. Sur le terrain néanmoins, les pouvoirs publics note une accalmie, notamment avec le retour progressif des populations déplacées et la reprise, bien qu’encore timide, de l’activité économique.

En mars 2020, le chef du gouvernement se voit confier le pilotage la stratégie gouvernementale de riposte face à la pandémie de coronavirus dont le fonds spécial est évalué à 480 milliards Fcfa. Résultat des courses, patatras ! Pratiquement tout le gouvernement est éclaboussé. La chambre des comptes de la Cour suprême relève de nombreuses irrégularités dans l’utilisation de ces ressources. Plusieurs hauts responsables de l’administration sont auditionnés. La presse s’emballe face à ce scandale qu’elle a baptisée « Covidgate ». Certains journalistes vont même jusqu’à prédire des arrestations spectaculaires, y compris du Premier ministre. Mais au final, la montagne a accouché d’une souris. Personne n’a véritablement été inquiété. Tout ça pour ça donc !

De crise en crise, Joseph Dion Ngute, sans répit, se trouve encore confronté à partir de février 2022 à la grève des enseignants du secteur public. Le fameux « mouvement OTS » (On a trop supporté). Le mot d’ordre de la ‘‘craie morte’’ paralyse le système éducatif de manière intermittente pendant plusieurs mois. Le chef de l’Etat prescrit au gouvernement de Dion Ngute de « très hautes instructions » pour trouver des solutions. Lors de son message de fin d’année à la nation le 31 décembre 2023, le président Paul Biya a observé que « malgré les efforts du gouvernement, la sérénité n’y est en effet pas complètement revenue ».  Le président a indiqué que « plus de 72 milliards Fcfa ont été débloqués en 2023 » pour répondre aux revendications des ‘‘seigneurs de la craie’’. Par ailleurs, « une provision complémentaire de 102 milliards de Fcfa a également été constituée dans le budget de l’Etat, au titre de l’exercice 2024, afin d’apurer les dépenses résiduelles », a-t-il annoncé.