Kribi : La ruée vers les offres d’emplois


A l’initiative d’une bourse d’emplois organisée par l’agence locale du FNE, des milliers de jeunes saisissent depuis mercredi 15 juillet les opportunités offertes par cette structure dans la ville balnéaire du Sud.

Par Lazare kingue



Esplanade de la délégation départementale des travaux publics de l’Océan, région du Sud. Nous sommes le mercredi 15 juillet 2026. Il est un peu plus de 10h. L’ambiance est à l’effervescence . Sous des bâches blanches, chemises cartonnées contenant curriculum vitæ et autres documents importants en main, avec espoir dans le regard, des centaines de jeunes écoutent des conseils et attendent. D’autres, devant des babillards, parcourent des yeux les offres d’emploi inscrites, pour près de 700 postes à pourvoir sur divers profils. L’événement du jour est la Bourse de l’Emploi organisée par l’agence locale du Fonds National de l’Emploi. À quelques mètres, dans une salle climatisée, les chefs d’entreprise, eux, planchent sur le « Management et motivation du personnel« .

En effet, il se tient depuis ce jour, ce, jusqu’au vendredi 17 juillet prochain, un séminaire Fne/Entreprises et une Bourse de l’emploi, sous le haut patronage du préfet de l’Océan. La solennité placée sur le thème « Management et motivation du personnel : leviers de performance organisationnelle », s’adresse aux chefs d’entreprises et responsables des ressources humaines. « Sans entreprises fortes, il n’y a pas d’emplois » a  martelé Ndassa Njoya Mama, directeur de l’agence Fne Kribi. Pour lui, ce séminaire couplé à la bourse est une équation à deux inconnues : « Nous accompagnons les chefs d’entreprise pour qu’ils gèrent mieux leur personnel. Et en même temps, nous offrons un marché physique où le chercheur d’emploi rencontre directement le recruteur ».  Face aux critiques sur des postes jugés « mineurs », le directeur se veut ferme : « Consultez le babillard. Il y a des offres pour les ingénieurs. Nous ne créons pas d’offres, ce sont les entreprises qui viennent à nous ».
Au nom du préfet de l’Océan empêché,  Luc Ndongo, 3e adjoint préfectoral a délivré un message qui positionne l’État comme un partenaire. « Le gouvernement, sous le leadership du président Paul Biya, a fait de l’employabilité des jeunes une priorité. Les services de la préfecture restent à l’écoute des entreprises pour faciliter l’exercice de leurs activités». Et aux jeunes, il a lancé : « Votre futur employeur se trouve peut-être en cet instant même parmi nous. Saisissez cette opportunité avec sérieux. ».
Sur les stands, la présence des recruteurs était remarquable. Jeanine Bongue Michelle épouse Adja, Directrice d’Africa Job and Consulting, faisait partie de ceux qui viennent « chasser » les talents. Son conseil aux candidats est direct : « Il ne faut pas se décourager. Un refus n’est pas une fin en soi. Formez-vous en continu. Et surtout, adaptez votre CV. On ne dépose pas le même CV partout. Identifiez les entreprises porteuses d’offres spécifiques à Kribi et formez-vous pour leurs besoins de demain ». Elle met en garde contre le piège des « grandes maisons » : « On ne peut pas construire son avenir derrière une seule entreprise. Il faut savoir commencer quelque part »
Des candidatures , il y en avait suffisamment pour répondre aux besoins. Mais sur les visages de ces jeunes, on pouvait remarquer le stress, mais aussi la détermination de faire tout pour trouver une occupation. C’était le lieu où chacun jouait sa carte. Le Fne ne promet rien, mais il ouvre des portes. Et à Kribi, ville en plein boom portuaire et industriel, 700 offres correspondent à 700 portes ouvertes. Et ce n’est pas rien.

Réactions

Zanga Ngo’o Raïssa

Profil Étudiante en Gestion Logistique et Transport, Licence 3.



« En matière de compétences je cumule un parcours en Comptabilité, en Douane et Transit, et aujourd’hui je suis en Licence 3, logistique.  Je suis inscrite au FNE depuis 7 mois et j’ai déjà postulé plusieurs fois à Kribi. Venir ici, pour moi, c’est l’occasion de se faire voir. Le FNE ne donne pas toujours directement le travail, mais il nous met sur le chemin. Il nous informe, il nous oriente. C’est déjà énorme. Moi j’y crois. Je pense que si on est sérieux, si on se forme, une porte va finir par s’ouvrir. Cette bourse est une chance qu’il ne faut pas gâcher ».

Yvan Etame

Profil de technicien en électricité industrielle.


« Je suis âgé de 25 ans. Je sors de l’IUT de Douala en Génie Électrique et Informatique Industrielle. J’ai fait par le passé un stage dans une cimenterie cimenterie à Douala. J’ai aussi fait un autre stage sur un site minier ici à Kribi, et sur le projet Cimport comme électricien. Je suis au FNE depuis 3 mois. Ce que j’attends aujourd’hui, c’est d’être vu par les entreprises. Le plus dur quand on cherche un emploi, c’est de savoir où déposer son dossier. Avec cette bourse, les recruteurs sont là, en face de nous. On peut parler, se présenter. C’est concret. J’espère qu’avec mon expérience et mon diplôme, une entreprise va me donner ma chance. Je suis prêt à travailler».