Tout en regrettant au cours de leur Assemblée générale Ordinaire que 80% de ces professionnels de la santé sortis des écoles de formation soient sans emploi, les médecins ont exigé une révision urgente salariale assortie d’incitations fiscales importantes.
Par Blaise Djouokep

Les médecins inscrits au tableau de l’Ordre national des médecins du Cameroun ont formulé plusieurs exigences au cours de leur Assemblée générale tenue à Douala. Durant ces travaux, le président du conseil de l’Ordre, le Dr Rodolphe Fonkoua pose les exigences de l’Ordre. « L’Ordre exige le recrutement massif des médecins ; une révision urgente de la révision salariale assortie d’incitations fiscales importantes. Servir la nation est la vocation d’un médecin ; mais donner les moyens de le faire dignement interpelle notre conscience et notre responsabilité collective », précise le président de l’Onmc au cours de ces travaux. Il précise par ailleurs que L’intelligence artificielle (IA) ne remplacera pas l’humain, mais le rendra certainement plus efficace. « En tant que Ordre, notre rôle est d’encadrer cette technologie. Nous garantissons l’éthique, la sécurité des données, et la formation nécessaire pour que chaque médecin maitrise ce nouvel outil de travail. L’Onmc est prête à jouer sa partition », promet le Dr Rodolphe Fonkoua.
L’ordre national des médecins fait également face à un paradoxe médical douloureux. « Une jeunesse médicale formée est au chômage, alimentant une fuite massive des cerveaux qui fragilise notre système de santé », précise le président de l’Ordre. Un paradoxe médical dû au fait que l’Etat ne recrute plus, depuis des années, les médecins qu’il forme. « Depuis 5 ans, l’Etat qui était le plus grand employeur ne recrute plus. 800 jeunes médecins sont formés chaque année. Et nous sommes convaincus que plus de la moitié partent, quittent le pays », regrette le Dr Rodolphe Fonkoua d’après qui le pays manque pourtant cruellement de médecins. « Il faut créer des situations d’emploi. Le pays manque de médecins. Le ratio recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) est de 2,5 médecins pour 1000 habitants. Or, au Cameroun nous sommes entre 0’6 à 0,7 médecin pour 1000 habitants. L’écart est grand. Donc, les besoins sont énormes. Malheureusement, on ne recrute pas. Et c’est dommage », regrette l’Onmc.
Les médecins s’accordent également à dire que depuis bientôt 5 ans, près de 80% des jeunes médecins sont sans emploi. Conséquence, plus de la moitié de ces médecins s’exilent, occasionnant ainsi un gâchis énorme pour toute la nation. La formation d’un médecin est très longue et coûteuse et selon les médecins, la fuite massive des médecins camerounais vers l’étranger n’est pas seulement due au chômage. Mais, elle est surtout le refus de la précarité inacceptable de ceux qui travaillent déjà. « Nous ne pouvons plus ignorer la trop faible rémunération des médecins camerounais. La plus faible de la sous-région qui ne prend en compte ni leur sacrifice, ni leur expertise », justifie le président de l’Onmc.



