Le président national du SDF estime que, en cette année électorale, le seul sujet qui mérite vraiment l’attention est l’élection présidentielle.
Par Cyril Essissima
Face à la presse le 22 mai dernier à Yaoundé, en prélude au 35ème anniversaire du Social Democratic Front (SDF), Joshua Osih a été interrogé sur certaines questions dans l’air de l’actualité. Les journalistes l’ont entre autres interrogé sur le débat autour du mandat impératif et du Code électoral.

A cette question, le président national du SDF a subtilement prodigué un conseil à aux autres acteurs politiques concernés par cette problématique. Même sans le citer nommément, chacun a suivi le regard du député. Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), Maurice Kamto, est à l’origine de ce débat qui tient en haleine l’espace public médiatique. « Si ma candidature venait à être rejetée pour une ou pour une autre, je ne confisquerai pas la République autour de ma personne. Je convoquerai un NEC (comité national exécutif, ndlr) le lendemain pour organiser un congrès extraordinaire en vue de désigner un nouveau candidat pour représenter le parti. La République ne s’arrête pas avec moi », a déclaré Joshua Osih qui vante son parti au passage. Il illustre son propos en invoquant l’exemple du tandem Ousmane Sonko – Bassirou Diomaye Faye lors de la présidentielle sénégalaise en 2024. « J’ai vu devant moi un Sonko qui a cédé sa place à Diomaye Faye pour la victoire du Pastef. Je suis fier du niveau de la démocratie dans mon parti et je suis fier que les intérêts de la République priment sur les intérêts égoïstes. Et, c’est pour cela que je me battrai pour défendre les valeurs de mon parti contre vents et marrées. J’ai bien marre d’être dans un pays ou monde où il y a de plus en plus inversion des valeurs », a-t-il achevé.

Un autre sujet perçu comme de la « distraction », c’est celui relatif à la modification du Code électoral. Au cours d’une réunion du NEC dans la ville de Bafoussam ce dimanche 25 mai, le président national SDF a mis en garde ses camarades. « Si j’attrape un membre du NEC qui rentre dans les débats de distraction, que ce soit à la télé ou sur les réseaux sociaux, nous auront un problème personnel. Entrez dans des constructifs. Quand vous êtes dans les débats du mandat impératif, que la plupart ne comprennent même pas, du nomadisme des élus, ça nous apporte quoi ? », a-t-il martelé. Et d’ajouter : « le Code électoral n’est pas bon, travaillons le terrain. Nous n’avons pas le droit de nous plaindre du Code électoral. Au cours d’une année électorale, le centre du débat devrait être autour de l’élection présidentielle et rien d’autre. Toute autre chose qu’on met sur la table c’est de la distraction ».
Il faut cependant observer que le SDF fait pourtant partie de la plateforme des partis politiques et d’organisations de la société civile engagés pour la « réforme consensuelle du Code électoral ». Le groupe a d’ailleurs lancé un portail web baptisé « Revicode » le 21 mai dernier à Yaoundé, à l’effet d’interagir avec les Camerounais d’ici et de la diaspora sur cette question.
En revanche, l’opposant « souhaite que tous ceux qui veulent être candidats à l’élection présidentielle, qu’ils soient candidats, et allons les battre sur le terrain. […] Le SDF ne veut pas que la moindre ambition présidentielle soit bloquée avec certaines considérations non écrites ou non constitutionnelles. Mais est-ce que nous avons ce débat (au sein du parti, ndlr) ? Nous avons notre candidat. Avançons ! Si d’autres n’ont pas leur candidat, qu’ils restent derrière pour chercher leur candidat », a-t-il précisé sous les acclamations des militants.



