Des chefs traditionnels de cet arrondissement de la région du Sud évoquent des problèmes de développement et pointent du doigt «l’inertie» de l’exécutif municipal .
Par Guy Martial Tchinda
Le village Ebiminbang dans l’arrondissement de Bipindi, région du Sud, est aujourd’hui éclairé à l’énergie solaire et ses populations et s’abreuver à la bonne source quand elles ont soif. Mieux encore, elles ont la possibilité de s’approvisionner en médicaments quand l’un des leurs est malade, dans la pharmacie communautaire du coin. Ceci grâce aux infrastructures construites qu’elles ont elles-mêmes construites avec des bénéfices tirés de l’exploitation de leur forêt communautaire. « Le ministre des Forêts et de la Faune nous a permis d’avoir une forêt communautaire. Et c’est grâce à cette forêt que nous avons réalisé beaucoup de projets à l’instar de l’addiction en eau potable, l’électrification, les aires de jeu, les foyers culturels… », explique Marc Joël Ella, chef de ce village.
Mais à côté de cette note de satisfaction, cette autorité traditionnelle déplore quelques problèmes de développement qui plombent le plein épanouissement des populations et dont la solution est malheureusement au-delà des compétences de ces dernières. «Nous n’avons pas de route. On a beaucoup de difficultés quand on doit se rendre en ville. Mon village se situe à une dizaine de kilomètres de la route centrale, mais on peut faire presqu’une journée pour la rallier à pied, parce que parfois les voitures n’arrivent pas au village », regrette-t-il.
Mais réalité relativement reluisante du village Ebiminbang n’est malheureusement pas partagée par l’ensemble de la population de l’arrondissement de Bipindi. Ailleurs dans d’autres villages, « ça ne va pas », crie Vilmorin André Mienam, chef du groupement Ngoumba-Fang. «Nous vivons dans l’obscurité. Nos enfants souffrent, on n’a pas d’eau, pas de route. Les chantiers sont abandonnés », poursuit ce gardien des traditions, non sans pointer du doigt l’inertie de l’exécutif municipal qui, selon lui, ne sert pas les intérêts de la population. «Bipindi doit changer, nous voulons un nouveau maire. Nous avons des fils qui peuvent assumer ces fonctions», souhaite l’autorité traditionnelle.



