Des experts de différents domaines ont échangé sur la question le 16 décembre dernier à Yaoundé.
Par Dimitri Mebenga
L’association Afriyan Cameroun en collaboration avec le Fonds des Nations unies pour la population a tenu le 16 décembre 2024 à la faculté de médecine de l’université de Yaoundé I une conférence débat sur le débat sur le thème : » Prévenir les violences basées sur le genre facilitées par la technologie pour le plein épanouissement des femmes et filles à l’ère du digital ».

Le panel composé de plusieurs experts dans divers domaines a lancé un cri d’alerte en renseignant que 67 cas de femicide sont répertoriés depuis janvier 2024. Parmi ceux-ci ( cas de femicide) le digital est l’une des causes prépondérantes.
C’est pourquoi Maître Bertile Bénédicte Wouami Mbatang, avocate et présidente de l’Association pour la Défense des Droits Humains, a lancé un appel à la sensibilisation des jeunes camerounais sur les règles de conduite dans l’espace cybernétique, confronté à des dérives et des menaces pour la sécurité et la dignité des internautes, notamment les femmes et les jeunes filles en rappelant que l’article 265 du code pénal réprime les publications obscènes.
« Cette activité est très importante surtout dans le cadre de la vulgarisation des instruments juridiques consacrés à l’activité cybernétique. Vous voyez, l’espace cybernétique virtuel au Cameroun est confronté à beaucoup de dérives. Dans nos missions, je tiens à remercier Afriyan, les organisateurs, qui ont bien fait de convoquer cette réunion pour que nous puissions éduquer les jeunes et leur inculquer la culture du droit sur la manière de se comporter dans l’espace cybernétique.Nous sommes venus leurs dire que l’espace cybernétique, comme l’espace physique, est régi par des lois et que toute dérive est punie et sanctionnée sévèrement par le législateur. Mais nous ne sommes pas venus dans l’esprit de sanction; nous sommes venus dans l’esprit de sensibilisation sur la manière de se comporter. Nous avons prodigué des conseils sur les procédures en matière de dérive cybernétique et de cybercriminalité, et nous avons dispensé des conseils sur la procédure à suivre ». Ces jeunes ont été invités à s’approprier l’article 74 de la loi portant répression de la cybercriminalité au Cameroun pour comprendre les sanctions encourues en cas de mauvaise utilisation du digital.
Pour l’occasion il a été demandé aux jeunes, qu’ils soient hommes ou femmes, d’apprendre à dénoncer et à briser le silence sur tout type de violence en ligne, que ce soit le revenge porn, les sextapes, les chantages en ligne ou toutes les atteintes à leur intimité, à leur dignité et à leur vie privée.
« Nous avons dit qu’il faut se lever et dénoncer dans un premier temps. En même temps, nous avons invité les hommes et les femmes à être des ambassadeurs, car il s’agit d’une question de violence basée sur le genre. Je suis partie du fait que nous sommes confrontés à 67 cas de féminicides et à de nombreux viols de jeunes filles. Aujourd’hui, cela se propage en ligne, et nous avons invité les jeunes, les jeunes docteurs et médecins, à adopter des attitudes de masculinité positive pour être des ambassadeurs et protéger la gent féminine » conclut l’avocat.
Enfin les jeunes filles dans l’assistance ont été interpellées sur les obligations, la manière de se tenir, de se vêtir, de se protéger soi-même et d’être de véritables citoyennes de la société camerounaise.



