Marché Mokolo : Les sauveteurs recasés

Sous l’impulsion du maire de la ville de Yaoundé et du député Paul Éric Djongoué, le nouveau site de recasement des vendeurs à la sauvette est désormais fonctionnel.


Par Saydou Sadjo



Les vendeurs à la sauvette du marché Mokolo aménagent petit à petit leur nouveau site de recasement, situé en face de Congelcam Elobi, à Yaoundé. Construit sur plusieurs hectares pour répondre à la forte demande des sauveteurs, cette infrastructure flambant neuve suscite l’admiration. Ce joyau architectural est l’œuvre du maire de la ville de Yaoundé, Luc Messi Atangana, et du député Paul Eric Djongoué, qui ont choisi de soutenir les acteurs du secteur informel en leur offrant un cadre de travail moderne.
Structuré en compartiments et selon les secteurs d’activités, notamment les vendeurs de sacs, de tenues de sport, de chaussures et de vêtements, le nouveau site de recasement des sauveteurs comprend des restaurants, des toilettes, un poste de police, une infirmerie ainsi que plusieurs boutiques. En termes de sécurité, en plus des policiers, il y aura 20 gardiens d’une société pour les accompagner afin d’assurer la sécurité à tous les niveaux. Contrairement à certaines allégations sur les réseaux sociaux et dans certains médias, les descentes sur le site ont permis de constater, dès le petit matin, le déploiement des sauveteurs qui occupent progressivement les étals du marché en ce mois de décembre.

Nouveau site des sauveteurs à Mokolo.

Yaouba Abdoulaye, coordonnateur des associations des vendeurs à la sauveteur, se dit satisfait et salue cette initiative. « Nous avons un cadre exceptionnel dans la ville de Yaoundé, une œuvre du maire de la ville. Avant, les sauveteurs n’étaient pas organisés. Maintenant, nous avons mis sur pied une très bonne organisation. L’État a compris qu’il fallait d’abord aménager un cadre de recasement avant de nous chasser des routes. Ici, nous sommes à l’abri du soleil et de la pluie. Que peut-on demander de plus ? Nous avons recensé plus de 1 500 sauveteurs à Mokolo. Comme critères pour obtenir une place sur ce site, il faut verser 60 000 Fcfa, frais d’inscription inclus à hauteur de 10 000 Fcfa. Après avoir payé cette somme, un prélèvement est effectué après 10 mois d’activités sur le site », explique le coordonnateur.
Selon les acteurs de la société civile, cette initiative permettra de désengorger le marché Mokolo, de sécuriser les sauveteurs et d’assainir l’environnement. « Le recasement des acteurs du secteur informel est une victoire. Seul Dieu peut nous récompenser pour ce combat. J’ai fait 22 fois la cellule, trois fois la prison. Il faut comprendre que c’est une lutte déterminée pour que ces enfants quittent l’informel pour le formel, pour qu’ils ne soient plus exposés à la pluie et au soleil, mais qu’ils soient à l’abri. Lorsqu’ils sont stables, ils peuvent accéder à des crédits en banque, soigner leurs enfants et les envoyer à l’école. C’est le gouvernement qui gagne dans cette affaire : il peut collecter des impôts et relancer l’économie de notre pays. Tout le monde est identifiable. Voilà pourquoi nous sommes impliqués. Nous remercions le maire de la ville, qui a permis que ces sauveteurs quittent la route pour un site, ainsi que l’honorable Paul Éric Djongoué, qui a eu à cœur de recaser les enfants du secteur informel. En tant que député de la nation, il est à l’écoute de ces sauveteurs », se réjouit Yimga Moussa, acteur de la société civile.